Le final en or de Jason Lamy Chappuis

VANCOUVER 2010 Le Français s'impose à la force du mollet en combiné nordique...

Matthieu Goar

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Jason Lamy Chappuis, médaille d'or aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver en combiné nordique le 14 février 2010.

Jason Lamy Chappuis, médaille d'or aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver en combiné nordique le 14 février 2010. — M. DALDER/REUTERS

De notre envoyé spécial à Whitsler

Les JO ne sont définitivement pas une épreuve comme une autre. Alors que Vincent Jay venait de surgir de nulle part en biathlon, à peine à quelques centaines de mètres de là, Jason Lamy Chappuis, en difficulté après le saut, construit sa victoire dans l’épreuve du ski de fond du combiné nordique. Après un sprint d’anthologie face à l’Américain Spillane, Jason Lamy Chappuis se jette sur la ligne. Une victoire en costaud et un scénario incroyable pour celui qui a l’habitude de construire ses victoires sur le tremplin.  
 «Un rêve de gamin se réalise. Je me souviens de la victoire de Fabrice Guy à Albertville en 1992. A cette époque, je me suis dit: «Je veux être comme lui». En 2006, je fais 4e. Je savais que 2010 serait mon année», confie le Français après être monté sur le podium.


>> Une course à revivre en live

Cette breloque Lamy Chappuis a été la chercher. Car  Flying Jez a perdu ses ailes dimanche. Sous les yeux de son clan (papa, maman, petite copine, amie des parents) tendu, le Français, réputé pour ses qualités de sauteur, s’est d’abord imposé un sacré handicap. En franchissant «seulement» 100 mètres sur le petit tremplin, sa moins bonne performance depuis le début des entraînements à Whistler, le Français occupe alors la 5e place du classement provisoire avant le ski de fond. La faute au vent qui a changé pendant le concours. «Cette manche a été un peu difficile à cause du vent. Je pense que cela m'a fait perdre cinq mètres par rapport aux conditions normale», explique-t-il en zone mixte.

On ne donne pas cher alors de la peau du leader de la Coupe du monde. Les Américains Todd Lodwick (2e à 34'') et Johnny Spilane (4e à 44'') partent devant le Français et on se dit qu’ils vont gérer à deux l’épreuve de fond. C’est sans compter sur la hargne de Lamy Chappuis. D’abord sagement installé dans un groupe de 6, il surgit dans la dernière ligne droite pour manger Spillane. En moins de deux heures, la délégation française vient de remporter deux médailles d’or.