Au lingerie football, le déshabillé ne fait pas le moine

REPORTAGE Rencontre avec les Los Angeles Temptation, qualifiés pour la finale de conférence d'un nouveau sport qui attire les curieux...

Philippe Berry

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Une joueuse des Los Angeles Temtpation de la Lingerie Football League (image d'archive)

Une joueuse des Los Angeles Temtpation de la Lingerie Football League (image d'archive) — REUTERS/M.ANZUONI

De notre correspondant à Los Angeles
 
Quatorze filles en mini short et brassière qui courent sur un demi-terrain de foot. De prime abord, difficile de les prendre au sérieux. Et puis vient le premier impact. Après une longue course et quelques jolis crochets, la running back de San Diego se fait cisailler par la ligne défensive de Los Angeles. Elle se relève difficilement. «Holy fuck! t'as vu ce qu'elle lui a mis!?», lâche un photographe sur le bord de la touche, incrédule.

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Simple divertissement diffusé pour la première fois à la mi-temps du Super Bowl 2003 sur une chaîne payante, le Lingerie Bowl est devenu une véritable ligue semi-professionnelle cette année Dix équipes s'affrontent dans un championnat pour une place en finale, le 7 février prochain, à Miami. Oubliées, les actrices de séries B (Angie Evehart, Jenny McCarty) utilisées pour promouvoir le sport. David Bizub, l'un des coach des Los Angeles Temptation le jure: «Désormais, être belle ne suffit pas. Les joueuses sont de véritables athlètes.»
 
 
Touchdown!
 
Ce vendredi 29 janvier, sur la pelouse mythique du Coliseum de Los Angeles, (théâtre des JO de 1932 et 1984) les sept joueuses de l'équipe offensive des Temptation forment un cercle serré pour causer tactique, comme en NFL. La quarterback hésite, évite un sack de justesse (un blocage de la défense adverse avant d'avoir pu effectuer une passe). Reprenant ses appuis, elle balance une ogive millimétrée de plus de 30 mètres qui atterrit dans les mains de la receveuse. Touchdown!
 
Toutes actions ne sont pas de ce niveau. Parfois, c'est plutôt façon cour de récré, toutes sur le ballon. «La plupart des joueuses se sont mises au football sur le tard», explique coach Bizub. «Mais toutes ou presque viennent d'autres sports, notamment du soccer. Elles apprennent vite.»
 
K.O.
 
San Diego prend l'eau. La torche olympique brûle dans la nuit et le tableau d'affichage voisin affiche un cinglant 39-0 à la pause. Les filles rentrent au vestiaire reprendre leur souffle. Les corps sont marqués par quelques jolis bleus et traces de griffure. «On se donne à 100%», explique Sarah Frechette, l'une des stars de l'équipe. Elle poursuit. «Une coéquipière s'est brisé la rotule. Une joueuse de Miami a été mise KO lors d'un match. Malgré les petites tenues, ce n'est pas un sport de fillette.»
 
Les filles s'entrainent de deux à quatre fois par semaine. Elles sont payées mais pas de quoi en vivre complètement. «On a toutes un job ou des études à côté», précise la running back Michelle Jacot. Serveuse, bikini/top model, agent immobilier, étudiante en droit... Les profiles sont variés.
 
Le coup de sifflet final retentit. Los Angeles humilie San Diego 53 à 0 et se qualifie pour la finale de conférence, jeudi prochain, face à Dallas, pour tenter de décrocher une place pour le Lingerie Bowl. Dans les tribunes, 5.000 personnes applaudissent. Sans surprise, le public est essentiellement masculin. Kayla a accompagné son fiancé. «Tous les dimanches, on passe notre temps à regarder des masses en collants. A chacun son tour d'apprécier le spectacle», plaisante-t-elle. «Et puis je ne vois pas où est le problème. Certes, leurs tenues sont gratuites, mais elles travaillent dur pour avoir de tels corps. Et ce n'est pas pire que du beach volley», conclut-elle.
 
Sur la pelouse, les joueuses posent avec Coach Bizub. «Franchement, je n'ai pas le meilleur job du monde?», lance-t-il, un sourire jusqu'aux oreilles.
 
La lingerie football league, sexy ou sexiste? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous après avoir regardé la vidéo.


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