La guerre des virages va-t-elle avoir lieu au PSG?

FOOTBALL La tension monte entre les tribunes de Boulogne et d'Auteuil. Certains voudraient interdire les déplacements des supporters parisiens...

Matthieu Goar

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 Les tribunes du Parc des Princes le mars 2009

 Les tribunes du Parc des Princes le mars 2009 — G.Fuentes / REUTERS

Auteuil contre Boulogne, le retour? Samedi dernier, à la demi-heure de jeu entre Lille et le PSG, la tribune visiteur du Stadium Nord s’enflamme et devient le lieu d’une bagarre générale entre ultras des deux tribunes les plus chaudes du PSG. Les indépendants du virage Boulogne, comme d’habitude venus en nombre pour ce déplacement dans le nord de la France où ils ont des relations privilégiés avec d’autres groupes (notamment belges), prennent à partie les groupes d’Auteuil. Fumigènes, jets de pétards, et grosse baston… Les stadiers et les CRS interviennent. Ils expulsent les gars d’Auteuil renvoyés à Paris et filment tout ce petit monde. «Ce qui s’est passé, c’est encore une fois la même histoire: 200 mecs qui en tapent d’autres parce qu’ils ne sont pas blancs», constate un responsable d’Auteuil qui confirme que les tensions entre les deux virages du Parc sont en train de s’exacerber. Contacté par 20minutes.fr, des membres de la tribune Boulogne, régulièrement pointée du doigt pour sa xénophobie, n’ont pas souhaité témoigner.
 

Retour sur le premier round

L’épisode lillois, d’une rare violence, n’est en fait que le deuxième round. Le 5 décembre, lors d’un match à Bordeaux, un membre de la tribune Boulogne vient trimballer un drapeau avec une croix celtique (un symbole récupéré par l'extrême droite) dans les travées d'Auteuil. Enervés, les Supras d’Auteuil, un groupe apolitique mais dont de nombreux membres se revendiquent d’extrême gauche, tabassent alors des indépendants de Boulogne. «Ce jour-là, ils se sont attaqués à de mauvaises personnes influentes au niveau du kop de Boulogne», témoigne un membre de la tribune Auteuil,  présent à Bordeaux. Les indépendants de Boulogne avaient alors promis de se venger à Lille... Vengeance assouvie samedi dernier. «Et puis ca ne sert à rien de titiller Boulogne sur le terrain de la violence. Dans ce domaine, ils sont maîtres», conclut la même source.
 

Une interdiction de déplacement?
 

Alors, va-t-on assister à une nouvelle guerre des supporters parisiens? C’est une des peurs des dirigeants parisiens qui avaient rendez-vous chez le préfet mardi après-midi. Certains envisageraient une interdiction de déplacement pure et simple des supporters parisiens, le président Robin Leproux a réclamé samedi soir des Interdictions de stades (IDS). Car, au vu des dernières informations, il semble que la tribune Boulogne, de moins en moins contrôlable depuis la dissolution des Boulogne Boys (suite à l’affaire de la banderole anti-Ch’tis) et gangrénée par des indépendants, soit à nouveau en voie de radicalisation. Territoire historique des premiers groupes ultras parisiens influencés par la tradition hooligan britannique, elle est aujourd’hui infiltrée par des mouvances d’extrême droite comme les Jeunes Identitaires (réunis à Paris sous la bannière du Projet Apache). Ces individus sont peu connus des services de police car ils ne viennent pas forcément au stade.

 

 

Et les groupes d’Auteuil? Agités depuis le début de la saison (défilé aux abords de la Mosson, violences à Marseillle, etc), les Supras ne sont plus prêts à se laisser marcher sur les pieds «Auteuil devient de plus en plus politique. Pas forcément la jeunesse des banlieues qui peuplent cette tribune qui n’est pas politisée par nature mais certains leaders», analyse un supporter. Déjà, lors de la saison 2005-2006, un autre groupe, les Tigris d’Auteuil avaient agressé les ultras de Boulogne, notamment lors d’une bataille rangée dans une station-service au cours d’un déplacement à Nantes. Un événement qui avait entraîné la dissolution des Tigris. «Il y a quelques années, on aurait pris des baffes sans rien dire. Maintenant, ils sont obligés de se mettre à 200, comme à Lille, pour nous agresser, se félicite un responsable d’Auteuil avant de relativiser. Les Tigris voulaient absolument leur rentrer dedans. Nous, on n’endossera jamais le rôle de l’agresseur. Par contre, qu’ils ne viennent pas nous casser les couilles.»

 
 

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