Le judoka français Benjamin Darbelet, le 10 août 2008 lors des Jeux de Pékin.
Le judoka français Benjamin Darbelet, le 10 août 2008 lors des Jeux de Pékin. - O.Morin/AFP

Propos recueillis par Romain Scotto

Pour Benjamin Darbelet, les championnats de France de ce week-end à Montbéliard ne sont «pas une fin en soi». Le vice-champion olympique des JO de Pékin se projette déjà sur les Jeux de Londres en 2012 dans une nouvelle catégorie. En -73kg, le judoka découvre un nouveau quotidien, où les régimes ne sont plus une obsession.
 
Vous disputez ce week-end votre première compétition officielle en moins de 73kg. Qu’en attendez-vous?
C’est un nouveau départ. J’étais installé dans ma catégorie. Maintenant, on remet les compteurs à zéro et je dois faire mes preuves. Bien sûr j’y vais pour gagner. Les France, c’est un passage obligé pour moi, mais pas une fin en soi.
 
Vous étiez lassé par les régimes?
Oui, je perdais énormément de poids. Je suis arrivé à un seuil où je n’en pouvais plus. Perdre entre dix et douze kilos à chaque fois, j’en avais marre. Vu qu’aux Monde, ça s’est mal passé (ndlr: il perd au 1er tour). Ce n’était plus possible.
 
Quel est votre poids, hors période de compétition?
Là, depuis que je suis monté en -73kg, je suis à 76kg. Mon corps s’est régulé. Mais quand j’étais en -66kg, je montais encore plus haut. Jusqu’à 78 kg. Parce que je mangeais plus… Psychologiquement, tu as plus faim quand tu te prives. Le fait de savoir que tu vas faire un régime te pousses à manger encore plus. C’est bizarre les régimes. En tout cas ce que je faisais. Ils sont différents de ce que n’importe quelle personne pourrait faire pour son bien-être.
 
Paradoxalement, vous êtes plus léger aujourd’hui qu’avant…
Vu que je n’ai plus cette psychose du régime, j’ai moins faim. Je n’ai plus d’envies. Quand tu sais que tu vas être au régime, tu as envie de tout. Maintenant, je peux manger ce que je veux n’importe quand. Je ne me prive de rien. Et je mange peut-être plus équilibré. Je mange mon plat, je ne me ressers pas trois fois.
 
Du coup à l’entraînement, vous vous sentez mieux?
Oui, dans l’état d’esprit aussi. Je me fais plaisir au judo. Même dans la vie de tous les jours. Quand tu te balades, quand tu vas te faire un ciné. Si tu es au régime, tu ne regarde pas le film mais tu pense à manger. C’était plus qu’une obsession. Là, je prends un réel plaisir. Je ne m’entraîne pas de la même manière. Je ne pense plus seulement à perdre mon poids. Mais juste à progresser.