Mathieu Bastareaud: grosse affaire, petite sanction

RUGBY Le centre du XV de France écope de travaux d'intérêt général et pourrait retrouver les Bleus dès la tournée d'automne...

Alexandre Pedro

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Le Français Mathieu Bastareaud, lors du match France - Pays de Galles, le 27 février 2009 au stade de France.

Le Français Mathieu Bastareaud, lors du match France - Pays de Galles, le 27 février 2009 au stade de France. — SIPA

Commencer dans la confusion d’une nuit néo-zélandaise le 21 juin dernier, le feuilleton brodé autour de la fausse agression de Mathieu Bastareaud s’est terminé ce lundi en fin d’après-midi après une interminable délibération de la Fédération française de rugby. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le centre parisien s’en sort bien.

Pour avoir menti et provoqué un début d’affaire d’Etat entre la France et la Nouvelle-Zélande, Mathieu Bastareaud hérite d’une suspension de trois mois ramenée à des activités d’intérêt général.  L’international pourrait donc participer à la prochaine tournée d’automne du XV de France. Bref, on est à des lieux des trois ans de suspension encouru.

De quoi réjouir, le sélectionneur, Marc Lièvremont: «C'est une bonne sanction...Mathieu est sélectionnable.  Il redevient de fait un joueur comme un autre même si ça me paraît compliqué de le sélectionner pour les test-matches de novembre».

Détendu mais toujours mutique

Mais pas de quoi faire sortir le cousin de William Gallas de son mutisme. Comme depuis le début de la saison, le joueur a soigneusement évité de croiser un micro ou une caméra. Alors que l’annonce de sa – petite – sanction allait tomber, Mathieu Bastareaud renvoie dans leurs vingt-deux les journalistes faisant le pied de grue à l’entraînement du Stade Français.

Au milieu de ses partenaires, c’est un gamin de 21 ans à nouveau chambreur et espiègle qui gambade sur la pelouse de Jean-Bouin. Est-il déjà au courant du verdict? C’est possible. Passé en voisin discuter avec son ami et entraîneur du Stade Français, Jacques Delmas, Bernard Laporte se réjouit de « revoir un garçon épanoui». L’ancien sélectionneur des Bleus avoue qu’il a été «très inquiet à un moment donné pour Mathieu».

Entre deux cigarettes, Jacques Delmas confie lui sa hâte de voir son joueur «débarrassé du boulet que constitue toute cette affaire». Si on s’en tient à la stricte sanction infligée par la FFR, son souhait est exaucé. Reste à savoir quelles traces vont laisser trois mois de polémique sur Mathieu Bastareaud?

 Le président de la FFR tenait à une sanction

Le président de la Fédération français de rugby, Pierre Camou,  a réagi à la sanction (relative) infligée à Mathieu Bastareaud. «Je tenais à la sanction car avoir vingt ans n'est en aucun cas une excuse Mais il faut éduquer et essayer de construire…. Je crois que Mathieu commence à réaliser que ce mensonge a entraîné des conséquences qu'il n'avait pas prévues quand il l'a dit. Chacun se construit avec ses propres erreurs».

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