Lance Armstrong, lors de son retour à la compétition au Tour Down Under, le 25 janvier 2009.
 Lance Armstrong, lors de son retour à la compétition au Tour Down Under, le 25 janvier 2009. - REUTERS/Stringer Australia

Pour Lance Armstrong, il s’agissait du 24e contrôle anti-dopage depuis l’annonce de son retour. Mais pour l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), c’était une belle première. Depuis le 9 septembre dernier, jour où les amateurs de cyclisme ont appris que le Texan pensait à revenir sur le Tour, l’agence n’avait jamais eu l'occasion de contrôler le champion qui n’avait pas encore posé une roue dans l’hexagone. «Nous avons appris par la presse qu’il était à l’entraînement dans le sud de la France», révèle le président de l'AFLD, Pierre Bordry, plus que jamais attaché aux contrôles inopinés lors des entraînements. A partir de ce moment-là, contrôler Armstrong est devenu une priorité.

Armstrong n’a d’ailleurs pas particulièrement caché son arrivée en France. A de multiples reprises, il a écrit sur son Twitter qu’il avait posé le pied dans l’hexagone afin de repérer les routes du prologue. Un jour il parle même de son repas à Beaulieu-sur-mer. «Je ne connais pas forcément ce site internet mais des personnes autour de moi oui. La presse locale parlait aussi beaucoup d’Armstrong», explique Jean-Pierre Verdy, directeur du département des contrôles à l’AFLD.

Surprise, devant la porte…

Reste à dénicher l’endroit où réside le coureur de l'équipe Astana. Car, si les coureurs du peloton sont obligés de communiquer tous les jours leur adresse pour faciliter les contrôles inopinés, l’Union cycliste internationale (UCI) n’a aucun devoir de communiquer à une agence nationale comme l’AFLD celles des coureurs étrangers. «Tous les moyens sont bons. J’ai un réseau d’informateurs qui me permettent de me renseigner avant de lancer une opération spéciale», témoigne Jean-Pierre Verdy. Au retour de l’entraînement, Armstrong, seul, a donc trouvé devant sa porte une équipe de contrôle. «Nous lui avons prélevé un échantillon A+B de sang, d’urine et de cheveux.» Bref, la totale.

Depuis son retour, Armstrong, qui a promis la transparence, n’a pas hésité à communiquer sur les contrôles qu’il avait déjà subis en les publiant sur son site internet. Avec bien sûr, des résultats négatifs. L’UCI dispose aussi de nombreuses analyses mais elle n’a pas à les communiquer à l’AFLD. Les résultats des échantillons prélevés mardi et qui sont analysés par le labo de Châtenay-Malabry sont attendus avec impatience. L’AFLD est en effet une référence en matière de lutte anti-dopage. Responsable des contrôles sur le Tour de France 2008, elle avait pris la main dans le sac de nombreux coureurs comme Ricco ou Kohl qui se dopaient à l’EPO Cera, une EPO de 3e génération à effet retard très sophistiquée. «Je ne donnerai pas les résultats avant de les avoir donnés au coureur. Mais il vous en parlera peut-être avant moi. Je crois qu’il a l’habitude de donner des conférences de presse…», glisse Pierre Bordry. Sinon, consulter Twitter.

«Ils te coupent les ongles»

D'ailleurs, sur Twitter ce mercredi soir, Lance fait part de sa  surprise de voir ce contrôle de l'AFLD  si commenté dans la sphère publique: «L'AFLD ressent le besoin de rendre public leurs commentaires sur des données pourtant confidentielles». Avant de se plaindre auprès l'un de ses suiveurs: «Puis ils te coupent les ongles. Je déconne pas.» Pauvre Lance.

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