Les (non) secrets du sprint jamaïcain

JO2008 Le médecin chef de l'équipe de Jamaïque explique les raisons de la performance d'Usain Bolt et de ses compatriotes. Et à l’écouter, il n'y a rien de scandaleux...

Pierre Koetschet, à Pékin

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Le sprinter jamaïcain Usain Bolt, vainqueur du 100m en finale des JO de Pékin, le 16 août 2008.

Le sprinter jamaïcain Usain Bolt, vainqueur du 100m en finale des JO de Pékin, le 16 août 2008. — REUTERS

Envoyé spécial à Pékin

Avec sa tignasse et sa barbe blanche, impossible de manquer Herb Elliott dans les sous-sols moites du «Nid d’Oiseau» de Pékin. Usain Bolt vient de pulvériser le record du monde en reléguant ses adversaires à deux dixièmes, en chambrant, Alors le médecin–chef ne se fait pas prier pour vanter aux nombreux journalistes qui attendent le phénomène les secrets du sprint jamaïcain.

 

Evidemment, la discussion dérive bien vite sur le dopage, «j’entends des rumeurs, mais elles ne m’intéressent pas. Nous avons été contrôlés, puis contrôlés et encore contrôlés», assure Herb Elliott, un petit sourire en coin. Quelques jours avant la course, l’autre flèche jamaïcaine Asafa Powell s’était plaint des contrôles quasi-quotidiens: «l’autre jour, ils m’ont contrôlé quatre fois et retiré beaucoup de sang.»

 

«Personne n’aurait fait ce que moi j’ai fait pour mes athlètes»

Si ce n’est le dopage, comment expliquer alors le succès du sprint jamaïcain (trois représentants sur huit finalistes)? «Le sprint fait partie des gênes des Jamaïcains», explique le bon docteur Elliott, qui attribue la victoire de Bolt à «note méthode. Venez nous voir à Kingston, vous serez surpris! Aux Etats-Unis, ils ne s’occupent pas aussi bien des athlètes que nous. Là-bas, personne n’aurait fait ce que moi j’ai fait pour mes athlètes. Je me suis occupé d’eux jours et nuits.»

 

S’occuper jusqu’à quel point? Encore une fois, la discussion dérive sur le dopage. Toujours aussi affable, Herb Elliott démine: «Nous sommes sûrs des athlètes que nous entraînons en Jamaïque. Nous avons eu quatre athlètes contrôlés positifs… mais ils s’entraînaient aux Etats-Unis.»

 

Un peu court sans doute, mais en attendant d’enquêter à Kingston, il faudra bien se contenter des non-révélations du souriant Herb Elliott, et du record made in nuggets de Bolt.