Le cycliste belge Frank Vandenbroucke a obtenu mercredi à Bruxelles l'annulation par la Cour de cassation d'un jugement qui l'avait condamné à 250.000 euros d'amende pour possession de produits dopants, ont indiqué ses avocats.
Le cycliste belge Frank Vandenbroucke a obtenu mercredi à Bruxelles l'annulation par la Cour de cassation d'un jugement qui l'avait condamné à 250.000 euros d'amende pour possession de produits dopants, ont indiqué ses avocats. - Yves Boucau AFP/Archives

Alexandre Pedro avec Agence

Frank Vandenbroucke avait tout pour lui, un talent fou, une gueule et une grande carrière qui se dessinait. Après des débuts prometteurs marqués par une victoire à Liège-Bastogne-Liège en 1999, la suite de son parcours n’est une lente déchéance marquée par les affaires de dopage.

Dans «Je ne suis pas Dieu», une autobiographie de 342 pages rédigée en néerlandais, (une version française est prévue), VDB se livre, relatant son mal-être, ses problèmes de drogue et ses tentatives de suicides.

Il rencontre le Docteur Mabuse

Le coureur wallon situe le début de ses problèmes fin 1998, époque où il intègre l’équipe Cofidis. Un soir, son équipier Philippe Gaumont lui propose «un trip» en avalant une pilule de Stilnoct (un somnifère) avec de l’alcool, ce qui rend le médicament fortement hallucinogène. C’est aussi Gaumont qui lui présente le sulfureux Bernard Sainz, alias Docteur Mabuse. «Ses méthodes étaient parfois bizarres -VDB devait jeûner la veille d’un contre-la-montre ou dormir nu avec une simple écharpe autour du cou- mais je les suivais », se souvient le coureur français.

VDB voit alors «des choses et des personnes qui n’existaient pas », «des policiers qui campaient par dizaines devant son domicile » mais que son épouse Sarah «ne voyait pas ». Sarah Pinacci, la mère de sa fille Margaux, hôtesse italienne de l’équipe Saeco, qu’il rencontre au Tour d’Espagne 1999. Le couple n’a pas résisté aux problèmes du coureur et s’est séparé par la suite.

«J’ai porté un toast à ma vie»

En août 2005, ne supportant plus d’être tenu éloigné de sa fille, VDB tente une première fois d’en finir. «Je suis allé chercher la bouteille de vin la plus chère de ma cave - un Château Petrus 1961 - et j’ai porté un toast à ma vie. J’avais demandé conseil à un médecin: avec de l’insuline, ça devait passer». Sa mère le retrouve quelques heures plus tard, allongé dans son lit, vêtu d’un maillot de champion du monde, encore en vie.

Après une nouvelle tentative de suicide en juin, VDB dit «aller mieux» aujourd’hui, même s’il vient d’être licencié de sa dernière équipe. A 33 ans, il affirme ne pas avoir fait une croix sur le vélo.

«Ik ben God niet», Frank Vandenbroucke, 342 pages, 21,50 euros, aux éditions Borgerhoff&Lamberigts.