• A l'occasion de la réception du Celtic, le PSG va croiser la route d'anciens joueurs qu'il a formés.
  • Le PSG est un club dans lequel il est difficile de percer quand on est issu du centre de formation. 
  • Le club souhaite renforcer sa politique de formation et garder ses meilleurs éléments sur le long terme. 

A la fin de la saison 2013, alors que c’est un gamin du coin, qu’il met la misère à tous les mômes d’Ile-de-France, à l’AS Bondy d’abord puis avec l’INF Clairefontaine, et que le PSG souhaite le recruter, Kylian Mbappé choisit finalement de rejoindre l’AS Monaco pour lancer sa carrière.

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Un an plus tard, alors qu’il a réalisé toute sa formation au Paris Saint-Germain et qu’il commence à faire quelques apparitions avec les pros, Kingsley Coman refuse de signer son premier contrat pro au PSG et file gratos à la Juventus.

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Deux épisodes, un constat. Avec l’arrivée des propriétaires qataris, et malgré la volonté affichée du président Al-Khelaïfi de dénicher « le nouveau Messi », le PSG ne faisait pas rêver les futurs monstres du foot. « Seuls des jeunes exceptionnels peuvent espérer s’imposer vu les moyens financiers », résumait en 2015 Christian Mas, un ancien formateur parisien, pour So Foot. Adrien Rabiot, Alphonse Areola ou Presnel Kimpembe en sont les rares exemples.

« On a pris conscience qu’il fallait changer des choses »

Aujourd’hui, les lignes commencent à bouger. « On a pris conscience qu’il fallait changer des choses au niveau des jeunes et de la formation. Après, on ne peut pas tout révolutionner en quelques mois seulement, mais les choses avancent bien », explique un membre du centre de formation.

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Car si le refus de Mbappé a été rattrapé quelques années plus tard contre un énorme chèque, celui de Coman a rendu fou l’état-major parisien. Depuis ce jour, au club, le mot d’ordre c’est « plus jamais ça ». Ce qui n’a pas empêché, entre-temps, que d’autres joueurs se fassent quand même la malle : Mamadou Doucouré (Mönchengladbach), Mahamadou Dembélé (RB Salzbourg) et Dan-Axel Zagadou (Borussia Dortmund) ont suivi la route que Moussa Dembélé, de retour au retour avec le Celtic mercredi en Ligue des champions, avait prise dès ses 15 ans.

Tonton Henrique mise sur les jeunes

« Le PSG a mis en place une politique et des moyens pour intégrer le plus de jeunes dans l’effectif professionnel. Tout n’est pas encore parfait, mais il y a vraiment quelque chose de cohérent qui se construit, témoigne François Gil, l’agent de Presnel Kimpembe. L’arrivée d’Antero Henrique, qui connaît bien les pros et le monde de la formation va dans ce sens. Porto était une référence dans les réseaux de recrutement. »

« Entre avoir envie d’intégrer les jeunes et les mettre sur le terrain, il y a un boulevard, lui répond Anthony Vivien, président de l’asso des Titis du PSG, qui connaît parfaitement l’environnement des jeunes du club parisien. J’attends de voir dans le temps. La gestion de certains cas est assez incompréhensible. Alec Georgen et Lorenzo Callegari, champions d’Europe U17, sont encore en équipe réserve, ils n’ont même pas été prêtés dans d’autres clubs… Il y a un manque de communication. Faut espérer que l’arrivée d’Antero Henrique en directeur sportif facilite le lien entre le centre et l’équipe première. »

A quoi sert la réserve ?

Parmi ses reproches, une équipe réserve - qui évolue en CFA, la quatrième division - inutile ou presque. « Pour moi, c’est le point défaillant du club. Au lieu de faire jouer des joueurs de 25-26 ans, le PSG pourrait mettre ses jeunes qui s’aguerriraient beaucoup plus vite, acquiesce François Gil. Dans le cas contraire, ça peut freiner aussi les envies des jeunes de signer pro. »

Ancien joueur et coach du PSG, Luis Fernandez a en effet été nommé cet été au poste de directeur sportif du centre de formation du PSG. Avec pour mission de régler ce genre d’incongruités, de lutter contre la fuite des talents et de tirer le meilleur de l’immense vivier de région parisienne.

Petit guide à l’usage des formateurs

Mais plus qu’une histoire de personne, c’est avant tout une stratégie globale que le PSG va devoir mettre en œuvre s’il veut attirer les meilleurs jeunes et les intégrer à l’aventure. Pour le représentant de Kimpembe, ça passe par deux éléments fondamentaux :

>> La proximité, un dialogue régulier et des marques de confiance

« Aujourd’hui, il faut une présence quasi quotidienne. Il faut suivre le joueur, l’accompagner, rencontrer les parents, les rassurer de temps en temps. Il faut entamer un dialogue très tôt, pour que le jeune ait le sentiment que le club le reconnaît, le suit et va lui donner, à un moment donné, un contrat. Il n’y a rien de pire que lorsqu’il y a une barrière entre la formation et les pros. Presnel est tout le temps resté au club, parce qu’il y a eu un discours auprès du joueur, auprès de nous. On a considéré que c’était possible. Les propos des dirigeants étaient cohérents. A l’inverse, Kingsley sentait que ce n’était pas ouvert au-dessus. A ce moment-là, le PSG n’était pas assez présent auprès des jeunes entre 15 et 18 ans. »

>> Le bon contrat, au bon moment

« Il ne faut pas attendre 18-19 ans pour proposer des contrats, car il y a longtemps que les clubs européens ont observé, se sont positionnés et même parfois rencontrés les familles. Il faut très tôt déceler chez les jeunes ceux qui, pour eux, sont capables d’aller plus loin et les accompagner sur un plan sportif et matériel. Pour conserver les meilleurs jeunes, il faut faire des propositions contractuelles du niveau des meilleurs clubs européens. Il y a quelques années, le PSG avait un peu de mal à évaluer les joueurs, donc financièrement ils étaient en dessous des propositions. Il faut être cohérent et aussi penser à la famille. Franchement, si vous êtes bien à Paris, s’il y a un projet sportif, avec des perspectives de grandir et de progresser, et que vous vous y retrouvez financièrement, le joueur ne va pas vouloir partir ailleurs. S’il part, ce ne sera pas la faute du club. »

Ce qui n’empêche pas qu’avec tout l’amour du monde, la sélection à Paris sera plus dure qu’ailleurs. « Il ne faut pas mentir, certains ne seront pas pros aux PSG, mais les plus costauds mentalement et les meilleurs peuvent y arriver. Dans un club comme ça, qui souhaite gagner la Ligue des champions, c’est forcément plus difficile pour un jeune de s’intégrer, mais c’est possible », pense Gil.

Les gros potentiels du PSG se nomment aujourd’hui Yacine Adli, Claudio Gomes, Timothy Weah, Loic Mbe Soh, Antoine Bernede ou Moussa Diaby. Ce dernier a d’ailleurs signé son premier contrat pro lundi, avec Paris. Si ses potes en font de même dans les mois qui viennent, le PSG a réussi son premier pari.