• La crise n'est jamais bien loin, à l'OM : quand ce n'est pas chez les garçons, c'est chez les filles.
  • Dernières de D1 féminine, les Marseillaises n'ont pas gagné un seul match en neuf journées.
  • Leur défaite face à un PSG supérieur, ce samedi, montre toutefois des carences récurrentes. 

Quand elle hurle « attention, à droite », on entend un peu d’accent québécois et beaucoup de panique dans la voix de la gardienne Geneviève Richard. Nous sommes en milieu de deuxième mi-temps de ce vrai-faux Classico et l’OM est en plein naufrage. Après avoir mené 2-0, les Olympiennes ont explosé en vol, s’inclinant finalement 2-5, ce samedi. Et c’est loin d’être la première fois cette saison.

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« Super première mi-temps », lance un supporter à Caroline Pizzala, qui sort des vestiaires le visage fermé. « Sauf qu’un match de foot, c’est 90 minutes », bougonne la capitaine de l'OM. « On a l’impression qu’elles-mêmes, elles ne comprennent pas ce qu’il leur arrive, souffle Fred, capo improvisé lors des matchs de l’équipe féminine. Cette année, il y a toujours un flottement en début de deuxième période, on dirait un souci psychologique. » L’entraîneur Christophe Parra reconnaît « une faillite mentale » de ses joueuses, dont il répétera plusieurs fois qu’elles sont « très jeunes et pas très expérimentées. »

Craquage et errements tactiques

« Caro, je me place comment ? » En plus de colmater les brèches au milieu de terrain, Caroline Pizzala doit donner des conseils tactiques sur coup franc. Et on ne compte pas le nombre de fois où on a vu Nora Coton Pélagie replacer telle ou telle partenaire, perturbée par le changement tactique (réussi) du PSG. On pourrait évoquer aussi cette faute grossière d’Hawa Cissoko, expulsée, qui s’embrouille à moitié avec un spectateur sur le chemin du vestiaire.

La jeunesse, donc, rappelle Christophe Parra :

On a quand même de jeunes joueuses… Quand en face ils font rentrer Shirley Cruz qui est une des meilleures du monde : effectivement, ça fait la différence. On n’a pas su s’adapter à leur changement d’animation offensive.

« Elles ont peut-être aussi levé le pied physiquement », note Patrice Lair, le coach du PSG. Plutôt fair-play, d’ailleurs : « On espère qu’elles vont s’en sortir ! » Effectivement, on en est là : avec six défaites en neuf matchs, la section féminine de l’OM est au bord du gouffre. « Il y a une addition de problèmes », note Philippe Serve, fidèle supporter et sacré connaisseur du foot féminin marseillais.

« On a une effectivement une équipe qui manque d’expérience, et certains choix de Parra posent question », commence-t-il. Avant de s’attaquer aux soucis « structurels ». Et ça balance :

Les dirigeants ont de beaux discours sur le foot féminin, sur le fait que la section a été relancée en 2011 et qu’elle était quatrième de D1 pour sa première année, l’an dernier. Mais on ne donne pas les moyens derrière ! Le recrutement cet été a été fait n’importe comment, au dernier moment, avec certaines joueuses qui sortent de nulle part.

Si même les (très sages) supporters de foot féminin s’énervent…