Rugby: Jeunes prometteurs, sélection, bière, fête... Les Barbarians, ça devient «plus sérieux»

RUGBY Les Barbarians, qui affrontent les Maoris All Blacks ce vendredi à Bordeaux, regroupent maintenant les meilleurs jeunes talents du Top 14…

Clément Carpentier

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Les Barbarians, c'est de la détende et du sérieux.

Les Barbarians, c'est de la détende et du sérieux. — Clément Carpentier - 20 Minutes

  • Les « Baa-Baas » sont devenus une sélection officielle, l’antichambre du XV de France.
  • Cette équipe est composée en majeur partie de jeunes joueurs prometteurs.
  • Les anciens continuent de transmettre cet état d’esprit « de fête et de folklore » malgré le changement de statut.

La scène se déroule mardi midi dans le port d’Arcachon sur le Greenboat avant un départ en balade sur le Bassin. Alors que les anciens commencent à chanter en buvant une bière à l’avant de ce bateau en forme de pinasse, le reste du groupe reste calme, bouteille d’eau à la main. Sur le coup, l’image peut faire mal quand on connaît « l’esprit de fête et de folklore » qui anime des Barbarians français comme le rappelle, l’ancien international, Denis Charvet.

Les joueurs se sont entraînés toute la semaine sur le Bassin d'Arcachon.
Les joueurs se sont entraînés toute la semaine sur le Bassin d'Arcachon. - Clément Carpentier - 20 Minutes

Pourtant, il va falloir s’y habituer. En effet, cette équipe, créée en 1979 autour des vainqueurs du Grand Chelem 1977, est devenue une sélection officielle selon la volonté de la Fédération Française et de la Ligue Nationale de rugby. Elle est la deuxième équipe nationale et « un laboratoire pour la France où l’on vit bien ensemble mais sans débordement », explique Franck Azéma, l’entraîneur clermontois en charge des « Baa-Baas » pour la semaine. D’ailleurs, Guy Novès qui a sélectionné ces jeunes talents du Top 14.

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Un état d’esprit unique à transmettre aux plus jeunes 

Malgré ce changement de statut, les anciens veulent essayer de faire perdurer cet état d’esprit si particulier aux Barbarians. C’est-à-dire, fête, amitié, détende et un peu de rugby. Pour Denis Charvet, le but est de « sortir ces gamins de leur quotidien avec cette balade en bateau autour de quelques huîtres par exemple. Cela doit être une bouffée d’oxygène pour eux. Il ne faut oublier que l’essence du rugby, c’est l’échange et le partage. »

Les anciens avant la balade en bateau.
Les anciens avant la balade en bateau. - Clément Carpentier - 20 Minutes

Il peut compter là-dessus sur Thomas Lombard (membre du staff) ou encore le « papa » du groupe Aurélien Rougerie : « L’ambiance est là. On discute beaucoup. On essaie de se trouver à l’apéro, à table… Mais au début, les jeunes nous ont un peu regardés en chien de faïence. » Matthieu Jalibert, le demi d’ouverture de l’Union Bordeaux-Bègles confirme que « certains essaient de les entraîner un peu dans la connerie (rires) mais ça se passe bien. C’est un peu moins strict qu’en club. On peut décompresser un peu mais pas trop. »

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Les pratiques changent car la Fédération veille au grain 

La grande différence, c’est donc ce : « mais pas trop. » Pas question de faire n’importe quoi car il y a un match à préparer contre les Maoris All Blacks, ce vendredi (20h45) au stade Chaban-Delmas. Si Denis Charvet rappelle qu’il y « a toujours eu du sérieux et du professionnalisme » chez les Barbarians ou que « cette équipe a toujours été un tremplin pour le rugby français », Aurélien Rougerie trouve tout de même que « c’est un peu plus sérieux cette année. »

Maintenant, il y a « un cadre fixé par la Fédération à respecter », souligne Franck Azéma. Pas de chahut à l’entraînement. C’est calme et studieux. Il y a même quelqu’un de la FFR qui surveille tout ce petit monde. Eh oui, comme le dit si bien Matthieu Jalibert, les Barbarians « ont pris un virage. C’est maintenant l’antichambre du XV de France. »

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