Coupe de France: Cinq divisions d’écart? Pas grave, Tournefeuille va battre Niort (enfin, peut-être...)

FOOTBALL Tournefeuille, club de la banlieue toulousaine évoluant en septième division, accueille Niort, formation de Ligue 2, samedi en Coupe de France…

Nicolas Stival

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La joie des joueurs de Tournefeuille après leur succès sur Luzenac en Coupe de France, le 21 octobre 2017.

La joie des joueurs de Tournefeuille après leur succès sur Luzenac en Coupe de France, le 21 octobre 2017. — AS Tournefeuille

  • A priori, l’affiche de ce septième tour de Coupe de France est extrêmement déséquilibrée entre une formation de Régional 2 et une équipe de Ligue 2.
  • Pourtant Tournefeuille, sans pression, garde ses chances.

C’est sûr, il y a mieux pour préparer un choc contre une Ligue 2. Mercredi soir, après dix matchs sans défaite, Tournefeuille a chuté à domicile (0-2) en Coupe d’Occitanie face à Pibrac, autre équipe de Régional 2 (ex-DHR). Samedi, ce sont les Chamois Niortais, actuels douzièmes de L2, qui devraient attirer plus d’un millier de personnes au stade municipal de cette commune de 27.000 habitants, dans la banlieue ouest de Toulouse.

Et pour le club qui a vu éclore le futur international Gaël Clichy, l’exploit est parfaitement possible lors de ce septième tour, malgré les cinq niveaux d’écart. Voici pourquoi.

>>> La pression ? Tournefeuille préfère la boire

Jeune entraîneur de 33 ans, Mohamed Bouamama ne se fait pas une montagne de cette rencontre face aux Chamois. « Personnellement, je m’en fous de ce match, mais je suis content pour les joueurs. Qu’ils prennent du plaisir  ! Ceci dit, il faut que tout le monde sache que notre pain quotidien, c’est d’aller à Grisolles, à Saint-Jean ou à Cazes-Mondenard. On est des joueurs de DHR [ex-nom du Régional 2], pas plus haut. »

Sans pression, face à une équipe de L2 tétanisée par la peur du ridicule, ça peut le faire… Au tour précédent, le troisième de sa poule de Régional 2 avait tout de même sorti Luzenac, une formation de National 3 (cinquième division), à l’issue d’un match spectaculaire (4-3).

>>> Des amateurs, pas des novices

Les Tournefeuillais ne s’entraînent que deux à trois fois par semaine. « On a des boulangers, des plaquistes, des électriciens… », détaille Mohamed Bouamama. L’éternel décor de la Coupe de France, avec son inoxydable Petit Poucet face à la machine professionnelle, est planté. Mais, comme toujours dans les clubs amateurs, on trouve des CV intéressants, tel celui du milieu Christophe Grondin, formé au TFC et passé entre autres par la Jupiler League, l’élite belge, au Cercle Bruges et à La Gantoise.

Ou celui d’un autre milieu, Julien Fresnel, 38 ans certes, mais 13 clubs au compteur dont Caen, Reims ou l’Impact Montréal. Et, puis, Tournefeuille peut toujours s’inspirer de l’exemple du voisin Blagnac. La saison dernière, le BFC, alors en DH (sixième division) avait longtemps fait douter Niort en 32es de finale (0-1).

>>> D’autres équipes ont déjà réussi cet exploit

On espère n’avoir oublié personne, tant l’histoire centenaire de la Coupe de France, est riche. Mais à ce jour, six équipes ont déjà éliminé un adversaire évoluant cinq divisions au-dessus : Gardanne (1960), Sanary (1982), Evry (1986), Schirrhein (2009), Versailles (2010) et Mende (2013). Parmi ces formations, trois évoluaient au septième échelon national, et ont battu des équipes de L2 : Schirrhein contre Clermont Foot, Versailles face à Dijon et Mende devant Arles-Avignon.

>>> Tournefeuille est déjà allé plus loin

Pour trouver trace de l’AST au septième tour de la Coupe de France, il faut remonter à 1991. Il y a 27 ans, l’équipe avait même poussé un cran plus loin, avant de chuter contre Alès, alors en L2 (1-4). Alors, possible ou pas cet exploit ? « Ce sera compliqué mais j’ai un groupe super, avec des joueurs surprenants », avertit Mohamed Bouamama.

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Bon d’accord, en redevenant sérieux, il y a autant de chances de voir Tournefeuille éliminer Niort que d’imaginer les Kids United sortir un album de reprises de Sepultura. Mais il y a quelques mois, on aurait peut-être fait la même vanne avec M. Pokora et Claude François