VIDEO. OM: Patrice Evra, latéral sans défense? Comment peut-il plaider sa cause après le «high kick»?

FOOTBALL Si vous vous dites «vivement le week-end», pensez à la journée que va passer Patrice Evra, mis en cause aujourd'hui par l'UEFA et par son club...

Jean Saint-Marc

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Quand t'es dans le viseur des autorités...

Quand t'es dans le viseur des autorités... — M. Kristan / SIPA

  • Patrice Evra risque gros, ce vendredi : il est cité par la commission de discipline de l'UEFA et doit rencontrer son président Jacques-Henri Eyraud.
  • L'auteur du high kick pourrait être suspendu plusieurs matchs et même carrément licencié par l'OM.
  • Mais il a aussi deux-trois arguments à faire valoir pour sa défense...

C’est peut-être le geste défensif le plus compliqué de sa carrière. Oui, plus compliqué encore que ce « retour » sur Bourigeaud lors de son naufrage contre Rennes. Ce vendredi, Patrice Evra a rendez-vous « avec ses juges » : la commission de discipline de l’UEFA va examiner son cas… Et Jacques-Henri Eyraud le reçoit en entretien « préalable à une éventuelle sanction », selon L’Equipe. Plutôt flippant. D’ailleurs, sur Instagram, le plus gros ego du foot français s’en remet à plus grand que lui : « Je compte sur Allah. » Il peut aussi compter sur le droit du sport. Un peu.

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Le constat : c’est mal barré

« Les arguments qu’il peut avancer ne sont pas énormes », prévient Erwann Mingam, du cabinet WM Law à Rennes. En effet, Evra ne peut contester :

  • Ni la « matérialité » de la faute : son coup de pied a été diffusé en direct à la télé.
  • Ni le fait que l’acte a été commis dans le cadre professionnel : il portait le maillot et le survêt de l’OM et c’était en plein échauffement.

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L’argument numéro 1 : le contexte est plus fort que le concept

Tout ce qui lui reste, c’est de « minimiser la portée de son geste », reprend maître Mingam, « en mettant en avant les provocations et les injures dont il a été la cible. » Même stratégie de défense suggérée par un autre avocat du sport, Christophe Bertrand : « Tout le monde dit qu’Evra, vu sa grande expérience, aurait dû encaisser. Mais il en a peut-être déjà encaissé beaucoup ! Ça n’excuse pas le geste, mais ça peut l’expliquer et en tout cas l’atténuer. »

La grande expérience, voilà un autre argument à mettre en avant. Bien sûr, il y a sur le CV d’Evra cette « petite » histoire de bus à Knysna, deux-trois sorties médiatiques bien foireuses et quelques vidéos Instagram gênantes. Mais pas de grosses conneries type coup de boule ou insultes envers un arbitre : « A 36 ans, son passé n’est pas un livre rose, mais il n’y a aucun précédent de geste de violence », rappelle Mingam.

L’argument numéro 2 : et si c’était la faute de l’OM et de l’UEFA ?

L’avocat de Patrice Evra n’a pas répondu à nos sollicitations, mais on ne doute pas qu’il soulèvera aussi cet argument, tout simple mais imparable : Patrice Evra n’est pas le seul coupable dans cette histoire. Erwann Mingam, de nouveau :

L’OM, comme tout employeur, a une obligation de sécurité de résultat vis-à-vis de ses salariés. Evra peut soutenir que l’OM, en laissant ces énergumènes dans le stade, n’a pas assuré sa sécurité.

D’ailleurs, le club est lui-même dans la panade dans cette histoire : l’OM est cité par la commission de discipline de l’UEFA. Le club devra s’expliquer pour l’envahissement du terrain et l’utilisation de fumigènes par ses supporters. Selon nos infos, l’OM a choisi d’assurer sa défense par écrit.

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La solution de force : menacer l’OM d’un procès aux prud’hommes.

Revenons-en à cette réunion entre Eyraud et Evra. Le club peut :

  • Soit prolonger la mise à pied (dont la durée doit être limitée, jusqu’à la fin de la procédure de conciliation de la LFP, par exemple)
  • Soit infliger à Evra une lourde amende
  • Soit rompre son contrat. Dans ce cas, encore deux options (c’est compliqué le droit, hein ?) L’OM et Evra peuvent se séparer d’un commun accord, avec un départ discrétos au mercato d’hiver, ou Eyraud peut opter pour une rupture pour faute grave.

« On a le sentiment qu’avant même la réunion, la décision est déjà prise », estime Christophe Bertrand. Dans ce cas, Evra peut profiter de sa réunion pour signifier à son employeur qu’il ne se laissera pas faire. Christophe Bertrand :

S’ils choisissent de rompre son contrat, oui, je pense que c’est attaquable devant le conseil de prud’hommes. La faute grave, c’est ce qui rend impossible même un jour de plus la poursuite de ses relations contractuelles. Ce coup de pied rend compliqué sa venue devant des supporters, oui, mais pas ses prestations sur le terrain en tant que joueur de son équipe. Ce n’est pas tout à fait pareil que s’il avait agressé son coéquipier ou son entraîneur !