• La réception des Girondins par le SRFC promet d'être riche en émotions avec le retour «à la maison» du gardien d'origine caennaise.
  • Un homme l'aura particulièrement côtoyé au cours des dix dernières années, pour avoir joué avec lui, puis l'avoir eu sous ses ordres à la Piverdière.

Coéquipier de Benoît Costil à Vannes (2008-2009), avant d’en devenir le coach spécifique au Stade Rennais (2011-2017), Christophe Revel connaît par cœur l’actuel portier des Girondins de Bordeaux. Avant le retour de l’international français au Roazhon Park, ce vendredi (20 h 45), l’ancien entraîneur des gardiens du SRFC livre pour 20 Minutes son témoignage sur l’ex-idole des supporters rouge et noir.

Touche pas à mon proche. « On a vécu sept ans ensemble (sic), donc c’est difficile de résumer Benoît en un mot ou une action… On a traversé beaucoup de bons et mauvais moments. On s’estime beaucoup mutuellement, et c’est toujours avec plaisir que je parle de lui et avec lui. On continue de s’échanger quelques petits SMS, c’est logique, mais on ne s’appelle pas non plus tous les jours.

Christophe Revel donnant ses consignes à Benoît Costil et Olivier Sorin (à d.), devenu entraîneur des gardiens au Stade Rennais.
Christophe Revel donnant ses consignes à Benoît Costil et Olivier Sorin (à d.), devenu entraîneur des gardiens au Stade Rennais. - ROUGE Mémoire

On n’est pas potes, mais on a dépassé le stade de la relation professionnelle. Je ne sais pas comment définir ça… On a beaucoup de points communs sur la façon de voir les choses, la manière de vivre nos vies. Mais je dirai qu’on est plus "proches" que "potes". "Potes", ça renvoie essentiellement à l’esprit festif. Nous, on a l’esprit professionnel en plus. »

Il ne s’appelle pas Mélancostil. « Je pense qu’il va vraiment être content de revenir au Roazhon Park. Il va aussi avoir à cœur de faire un gros match, pour que les gens ici gardent l’image qu’ils ont de lui. Ça ne va pas être un Benoît diminué émotionnellement, au contraire. C’est un stade où il se sent parfaitement bien, où il se sent chez lui. Il va donc plutôt y être à l’aise, détendu et bien dans ses baskets. Il n’est pas émotif, mais il s’investit émotionnellement partout où il va.

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Il n’est pas resté longtemps à Vannes, mais les gens l’ont aimé. Il a également laissé un bon souvenir à Sedan [2009-2011], idem à Rennes. Le connaissant, il va s’investir spontanément à Bordeaux, parce que c’est sa nature. Ce n’est pas un mercenaire ! Le Stade Rennais représente quelque chose d’important à ses yeux, mais vous verrez qu’une fois son aventure bordelaise terminée, il aura la même nostalgie. »

Pas comme Čech et Lollichon. « Notre intimité et notre parcours commun font qu’on nous associe aujourd’hui. Quand l’éventualité que je suive Benoît à Bordeaux est sortie au mois de mars, ce n’était pas vrai. J’ai entendu dire que j’avais démissionné du SRFC pour aller là-bas, ce n’est pas vrai non plus ! Je conçois qu’on nous mette ensemble, ça ne me dérange pas. Mais sincèrement, la question ne s’est jamais posée, car j’avais un vrai projet à Rennes.

Avec le travail mis en place en compagnie de Jérôme Hiaumet [entraîneur des gardiens de l’Académie Rouge et Noir], le Stade Rennais est assuré d’avoir des gardiens professionnels issus de la formation pour les cinq ou six saisons à venir. J’avais ça à "entretenir", donc je n’ai jamais hésité à partir ou pas. Pour moi, c’était clair, et Benoît avait compris ça également. »

Boulot pas incompatible avec rigolo. « Nos meilleurs moments, c’est quand on arrivait à se fendre la gueule pendant qu’on bossait. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup travaillé… et pour avoir comptabilisé toutes ses séances, c’est celui qui a le plus travaillé en six ans. On faisait des séances supplémentaires via nos activités extérieures, telle que le trampoline par exemple.

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On pouvait s’entraîner à 21 heures le soir ou à 7 h du matin et faire 80 kilomètres de VTT, à chaque fois, à un moment ou un autre, on arrivait à se marrer. On a toujours réussi à allier le travail intensif avec la rigolade, et ça, c’est juste génial ! C’est comme si on disait : "On part à la guerre, mais on est contents d’y aller". En tant qu’entraîneur, avoir ce profil de joueur et d’homme, c’est un régal ! On arrivait à décrocher de la séance au même moment, et à se remettre dedans au même moment également. Ça, c’est de la complicité. »

Dinard-Saint-Brieuc à vélo, cap' ou pas cap' ? « Je me souviens d’un stage à Dinard, où j’avais dit à Benoît : "Demain, on va à Saint-Brieuc en VTT". Il me répond spontanément : "Ouais, génial !" Le lendemain matin, il arrive : "Hey coach, c’est un peu loin quand même… J’ai regardé, il y a au moins 75 kilomètres". J’ai dit : "Bah ouais, c’est génial, ça veut dire qu’on va passer trois heures et demie ensemble". Et là, lui : "Ah ouais c’est bon, on y va". On l’a fait, on a morflé tous les deux, mais on s’est marrés !

Parfois, ces moments me manquent… Quand je faisais une petite blague à un moment particulier de l’entraînement, je savais que lui allait surenchérir ou partir avec (sic). Par contre, dix secondes après, paf ! C’était terminé, on était de nouveau dans la séance tous les deux. Je suis naturellement du genre "Un coup je suis sérieux, un coup je déconne", et lui fonctionne aussi comme ça. »

Pas de buts, pas de déçu. « Que le meilleur gagne vendredi [ce soir]. Vu que ça reste ma spécialité, je serai forcément plus attentif à la prestation des deux gardiens. Si Bordeaux perd, je sais que Benoît sera triste… À la rigueur, il faudrait un match nul, un bon 0-0 avec des arrêts de gardien des deux côtés. Comme ça, je serai satisfait (sourire).

#monday #newweek #fcgbpsg #parcdesprinces #ligue1 ⚽️🔵⚪️⚽️

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En tout cas, je vais arriver en avance pour pouvoir me positionner assez tôt, et ainsi assister à l’échauffement. Je n’avais pas forcément prévu de voir ce match-là dans les tribunes, mais l’avantage, c’est que je vais le vivre paisiblement avec ma galette-saucisse et ma bière sans alcool (*)… C’est un vrai changement pour moi, quand même (rires) ! »

(*) Entretien réalisé avant l’invitation de nos confrères de France Bleu Armorique, station pour laquelle Christophe Revel commentera Rennes-Bordeaux.