Masters 1000 de Bercy: «C’est difficile de parler librement», Nadal très prudent au sujet de la Catalogne

TENNIS Rafael Nadal s'est exprimé en conférence de presse au sujet de la Catalogne...

Aymeric Le Gall

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Rafael nadal, à l'entraînement

Rafael nadal, à l'entraînement — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Il faut espérer pour le public parisien du Rolex Paris Masters que Rafael Nadal restera un peu plus sur les courts de l’AccorHotels Arena qu’il ne l’a fait lors de sa première conférence de presse lundi. C’étaient pas les « trois minutes douche comprise » de notre ancien président Jacques Chirac, mais on n’était pas loin de ça quand même. Et sur les sept minutes montre en main qu’a duré l’intervention de l’Espagnol, il a très peu été question de tennis.

Trente secondes sur la place de numéro un mondial qui lui tend les bras après le forfait de Roger Federer à Paris, la même ration à propos de l’absence du Suisse, à peine plus sur son prono pour la finale de Coupe Davis (il met une pièce sur la France, au passage), et tout le reste a été consacré à la crise que traverse l’Espagne au sujet de l’indépendance de la Catalogne.

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Quand un journaliste britannique lui a demandé s’il était chamboulé par la situation dans son pays, Nadal a pris un peu de temps avant de répondre. Puis il s’est lancé :

« Je pense que ce sont des moments très tristes pour nous tous, des moments difficiles, mais cela arrive. Mon pays vit des moments compliqués, ce n’est pas simple à vivre mais il faut l’accepter. Les choses sont ce qu’elles sont. Je suis né dans un pays démocratique, je crois en mon pays, je crois en mon peuple et je pense que les choses finiront pas aller dans le bon sens et sans incident. C’est mon souhait en tout cas. C’est tout ce que je peux dire. »

Une deuxième couche pour la route

Sauf que si Rafa en a terminé, ce n’est pas le cas du journaliste qui l’a lancé sur le sujet. Agacé par cette deuxième couche, un officiel du tournoi tente bien de le stopper dans son élan, expliquant en anglais dans le texte « it’s not the point » (« ce n’est pas le sujet »), mais c’était peine perdue. Voilà donc notre confrère qui embraye, demandant à Nadal ce que ça lui ferait de jouer au tennis dans une Catalogne indépendante. Visiblement moins agacé que le monsieur communication, Nadal a joué le jeu.

« Je pense que c’est difficile de se rendre compte, En tout cas, pour moi, ce n’est pas le cas aujourd’hui. La Catalogne n’est pas indépendante. Je comprends que tout le monde s’intéresse à cette situation mais il faut comprendre que dans ma position, il est difficile de répondre à ces questions. Ce sont des sujets très sensibles dans mon pays actuellement. Tout ce que je pourrais dire sera de toute façon déformé. Il y a toujours des personnes qui vont être contre. »

Conscient qu’en sa qualité de monstre sportif adulé en Espagne sa parole est toujours très attendue et décortiquée, Nadal n’a pas hésité à dire qu’il marchait sur des œufs. « C’est difficile de parler librement à 100 % de cette situation parce qu’on va forcément faire du mal à certaines personnes et je trouve qu’il y a suffisamment de mal qui a été causé en général, a-t-il avoué. La dernière chose que je veux, c’est d’empêcher les choses de s’améliorer. Je ne veux pas qu’il y ait de division, de fracture », a-t-il conclu.