• En quinze minutes, Neymar a pris son premier rouge avec le PSG, Thauvin a connu sa plus forte émotion depuis qu’il est à l’OM, Cavani a marqué un coup franc splendide.
  • Et Bouna Sarr s’est raté devant le but, aussi.

Une fin de match qui rend fou et qui laisse les Marseillais plein de frustration. On a assisté à un très beau Classico, ce dimanche, au Vélodrome. Beau mais cruel pour l’OM. Avec un final en apothéose, comme ces films qui se terminent par un triple renversement de situation. Hé bien imaginez que vous êtes dans le bonus du DVD, quand les scénaristes et les acteurs débriefent le tournage.

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Acte 1. L’explosion : Thauvin plonge Marseille dans la folie

Le but de Gustavo, en première mi-temps, avait fait trembler le stade Vélodrome. Celui de Thauvin, à la 78e, l’a fait exploser. Un bordel monstre, des confrères journalistes marseillais qui tapent du pied sur la table (oui oui), un Thauvin étouffé par la joie de ses coéquipiers qui lui sautent dessus. On lui a posé la fameuse question : « Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ? » Et ce sont plus les silences qui donnent la réponse :

(Silence) C’est… (Il hésite). Une explosion. De joie. Tout le monde connaît mon amour pour le club, marquer un but pendant le Classico, le but du 2-1... Je pense que c’est difficile de rêver mieux. Enfin si. J’aurais aimé qu’on gagne le match au bout.

Acte 2. Le crime de lèse-majesté : Neymar expulsé

Il a joué de nombreux Clasicos, avec un seul S, avec le Barça. Mais lors de son premier «Classico » en France, Neymar a dégoupillé, d’abord en commettant une faute sur Sanson puis, deux minutes plus tard, en mettant un petit coup de tête à Ocampos (qui en rajoute deux tonnes cinq, évidemment). « J’ai reçu beaucoup de projectiles, des cannettes, des baguettes (de drapeaux), (…) mais j’assume mon erreur », a-t-il commenté en zone mixte. Quelques minutes plus tôt, en conf' de presse, Unai Emery disait à peu près l’inverse :

Nous sommes déçus pour l’exclusion de Neymar, parce qu’il a subi beaucoup de fautes tout au long du match (…) Il n’est pas en confettis (pas fragile) mais si tous les matches, il subit de la provocation, de l’agressivité… (…) Je crois qu’il faut protéger les joueurs importants.

Acte 3. La péripétie : avec des « si », l’OM mettrait Paris à deux buts

Morgan Sanson est passé en zone mixte le regard noir et on imagine qu’il a passé une très mauvaise nuit. Entré à la 76e, l’ex-titulaire devenu remplaçant avait le ballon de la gagne au bout du pied. Et il s’est foiré, bien comme il faut, comme si ses jambes tremblaient sur le coup. L’ancien Montpelliérain, dont on connaît les lacunes à la finition, a complètement loupé sa frappe, après une parade d’Areola sur un tir de Bouna Sarr, pas assez appuyé lui non plus. Comme Sanson, Sarr a évité les micros (on les comprend, hein). C’est donc avec Rudi Garcia qu’on analyse ce double raté :

On a vraiment perdu deux points. On est très très déçus, super frustrés. C’est en partie de notre faute car on a une balle de 3-1 qu'on peut mettre. Et ensuite à 2-1 à 11 contre 10, on ne doit permettre à personne d’égaliser.

Acte 4. Le dénouement : El Matador Cavani en mode tueur

Car oui, le PSG a égalisé. On ne va pas refaire le coup des poteaux carrés, mais, sur ses deux buts, le PSG a eu besoin de poteaux rentrants, ce dimanche dans le Classico. La frappe croisée de Neymar avait tapé le montant gauche du but de Mandanda, le coup franc de Cavani a remué la barre transversale. Coup franc magnifique, disons-le. Comme il était (malheureusement pour lui) au premier plan pour le regarder, laissons la parole à Steve Mandanda pour l’analyser :

C’est un coup franc proche, si on anticipe il y a le risque de la prendre côté ouvert… Je la vois passer au-dessus du mur et quand je la vois, c’est trop tard. Ce sont des joueurs de qualité, qui font la différence. Malheureusement, ça tape la barre et ça rentre…