Inséparables, indispensables et fêtards... Qui sont les «tois», l'immense troupe de potes de Neymar?

FOOTBALL Neymar n'a pas seulement le plus gros salaire du PSG, il a aussi la plus grande bande de potes...

William Pereira

— 

Les «Tois» étaient nombreux lors de la présentation de Neymar

Les «Tois» étaient nombreux lors de la présentation de Neymar — James Marsh/BPI/Shutter/SIPA

Neymar est un joueur-cliché. Rien de péjoratif là-dedans, c’est factuel. Le numéro 10 parisien est l’archétype du footballeur brésilien dont l’ADN est porteur du gène Joga Bonito : une technique incroyable, l’insolence qui va avec et le sourire d’un gosse de huit ans balle au pied. C’est ce dernier point qui nous intéresse : aux dires de son entourage, Neymar Jr a besoin d’être heureux pour exprimer pleinement son potentiel. « Son père fait tout pour qu’il soit heureux. A Barcelone, il avait recréé toutes les conditions pour qu’il se sente comme à Santos », nous confirme Muricy Ramalho, son ancien entraîneur.

>> A lire aussi : Neymar: De Santos à Paris (?), comment le père a téléguidé le fils pour faire prospérer la famille sur «cinq générations»

Ces « conditions », c’est l’entourage. Le journaliste d'El Pais, Diego Torres, évoque dans un article ces tois avec qui Neymar est constamment heureux. Les quoi ? Tois, prononcez « toïss » (surnom découlant d’une private joke parfaitement intraduisible). On les appelle aussi les parças, autrement dit ses amis. Ou plutôt ses disciples pour faire dans la métaphore 100 % Jésus. On les a comptés pendant la présentation du crack au Parc des Princes, et figurez-vous qu’ils étaient au moins vingt sur place (les médias brésiliens sont eux catégoriques : ils étaient 22). Parmi ces loyaux disciples, on compte cinq apôtres. C’est le noyau dur des tois.

  • Gil Cebola : le plus célèbre des parças (principalement grâce à Instagram). Jeunes ados, ils se sont rencontrés à l’église à Santos et ne se sont plus jamais quittés. Gil a raconté que les filles passaient toujours par lui pour essayer d’atteindre Neymar. Jusqu’au jour où il a eu trop de demandes et qu’il a arrêté de faire l’intermédiaire. Il a habité avec lui à Barcelone et serait aussi avec lui à Paris.
  • Joclécio : frère adoptif de Neymar, avec qui il a grandi et joué chez les jeunes de Santos. Joueur moyen, il serait sous contrat à Leganés mais demeure introuvable dans l’effectif du club espagnol.

Felicidades mlkao ... você merece 👊 #bday🎂 @lucasmoura7

A post shared by Jô Amancio (@jotaamancio) on

  • Gustavo Almeida : coéquipier de futsal jusqu’à leurs 12 ans. Aujourd’hui, il occupe un poste à NJR Sports, la marque de Neymar Jr lancée par le père.

Le Parc de NovoGu

A post shared by Gustavo Almeida (@novogu) on

  • Guilherme Pitta : Boss d’une des boîtes les plus hypes de Santos où Neymar ne manque jamais de passer quand il rentre au bercail.

A post shared by Guilherme Pitta (@guipitta_) on

  • Luiz Amaral : Seule connaissance récente à figurer dans le cercle fermé du Parisien. On le voyait déjà souvent à Barcelone. Ney et lui se sont connus autour d’une table de poker. Promoteur de soirées à Rio, il fait les plannings de son pote quand celui-ci s’y rend.

Dia muito importante, dia da minha apresentação 🤣🤣🤣 . Allezzzzzzzzzzzzzzz @psg 🇫🇷

A post shared by Luiz Amaral (@amaraluiz) on

Mais qu’est-ce qu’ils foutent ensemble ?

Ils vont à la bibliothèque et dissèquent les plus grands ouvrages de la littérature brésilienne. Ou alors, ils jouent à FIFA, chillent sur des yachts de luxe – Neymar en posséderait déjà un à Saint-Tropez, s’adonnent à des parties de karting – que la star gagne toujours, et organisent des fêtes dont le budget ne respecte certainement pas les règles du fair-play financier.

Anecdote à ce sujet : le prix des bouteilles de champagne – un rosé Perrier-Jouet à 773 euros - consommées pendant la grosse teuf de Saint-Tropez au mois d’août a choqué au Brésil, où le salaire minimum est trois fois moins élevé.

Bref, ils font vraiment tout ensemble, sur le modèle de ces bandes d’amis déambulant dans les plages brésiliennes, véhiculé par les telenovelas. Et l’habitude ne date pas d’hier à en croire Dhonatan, ancien coéquipier de centre de formation aujourd’hui perdu à Malte. « Il a toujours adoré être entouré. Moi par exemple, même si je ne faisais pas parti de son petit cercle, j’étais quand même souvent invité chez lui pour m’amuser », raconte-t-il.

Ancienne attachée de presse du club de Santos et ex-voisine du tois, Guilherme Pitta, Amanda Denti garde aussi quelques souvenirs de cette « bromance » collective :

« A l’époque, ils étaient quatre ou cinq au centre d’entraînement pendant les séances de Santos. A ce moment-là, j’habitais dans une petite rue de Santos, face à l’immeuble où habitait l’un de ses amis, Guilherme Pitta. Et un jour, Neymar débarque l’air de rien avec sa Ferrari rouge pour venir le chercher en voiture. Il est toujours disponible pour ses amis et vit beaucoup pour eux. Ils étaient avec lui partout à travers la ville comme une petite famille. »

Aujourd’hui, ceux que Denti qualifie de « noyau dur » sont unis par les liens du tatouage - chacun a une lettre composant le mot amigos (« amis ») sur une main. Kitsch pour nous, banal pour eux. C’est Muricy Ramalho qui le dit : « En Europe, c’est vrai que la notion d’amitié est différente. Au Brésil il y a plus de chaleur, plus de proximité. Le garçon, il a grandi avec ses amis, il a besoin d’être avec eux. » C’est pourquoi Neymar senior a installé Gil Cebola et Joclecio Amancio à Barcelone avec son fils et qu’il recherchait activement où loger le duo à Paris au mois d’août selon une info de A Folha de São Paulo.

On saisit bien le concept de stabilité émotionnelle apportée par l’entourage, mais une question nous dérange quand même. Jusqu’où un groupe d’une dizaine voire vingtaine de potes avec une certaine appétence pour la vie nocturne peut s’avérer bénéfique à celui qui veut devenir le meilleur joueur du monde ? Surtout quand on se souvient des années folles de Ronaldinho dans la capitale parisienne. Muricy Ramalho :

« A Barcelone il a très bien géré tout ça. Il s’entraînait quand c’était l’heure de l’entraînement et il passait du temps avec eux quand il avait du temps libre. Point. »

A écouter le coach brésilien, il faut donc s’en remettre à l’autogestion de la star du Paris Saint-Germain. Jusqu’ici, ça a plutôt bien fonctionné.