C’était il y a un peu moins d’un an. En fin de saison dernière, Caroline Garcia déclenchait malgré elle une mini-crise dans le tennis français en annonçant qu’elle privilégierait sa carrière en simple en 2017, au détriment du double avec Kristina Mladenovic et de l’équipe de Fed Cup.

Après des mois de guéguerre avec la Fédération française et les autres joueuses - souvenez-vous l’imbroglio autour de sa blessure avant le barrage contre l’Espagne, le « lolgate » et la tension à Roland avec les déclarations de Mladenovic et le savoureux 8e de finale contre Cornet -, la Lyonnaise a le droit de se dire qu’elle n’a pas traversé tout ça pour rien.

Dimanche, Garcia a remporté à Pékin le tournoi le plus prestigieux de sa carrière, en battant en finale celle qui est devenue numéro 1 mondiale ce lundi, Simona Halep. Une victoire en deux sets (6-3, 7-6 [3]), une petite semaine après avoir déjà soulevé le trophée du tournoi de Wuhan, synonyme de pas de géant dans sa carrière individuelle.

Un « objectif en début de saison »

A bientôt 24 ans (elle les fêtera la semaine prochaine), la Française entre pour la première fois dans le top 10 mondial, à la 9e place, alors qu’elle était encore 20e il y a deux semaines. Plus fort encore, grâce à ces deux titres, elle est désormais 8e à la Race (le classement mondial sur la saison) et virtuellement qualifiée pour le Masters de fin d’année.

Un peu d’histoire pour situer la performance : Caroline Garcia serait la première représentante tricolore dans le grand rendez-vous de clôture de la saison depuis Marion Bartoli, en 2011, et n’est que la septième Française à entrer dans le top 10 après Mauresmo, Pierce, Tauziat, Halard, Testud et Bartoli. « Incroyable ! J’ai vécu deux semaines complètement folles », a-t-elle réagi à chaud devant le public chinois. La veille, elle avait rappelé que compter parmi les dix meilleures joueuses mondiales était un « objectif en début de saison ». Elle y est, le mental blindé, et avec désormais le soutien de tout le monde pour y rester.