PSG: Comment mettre fin à la guerre des pénos entre Neymar et Cavani?

FOOTBALL Comme face à Saint-Etienne, les deux attaquants parisiens ont affiché leur mésentente dimanche contre Lyon au moment de décider qui devait se charger d’un penalty…

Nicolas Camus

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Edinson Cavani et Neymar lors de PSG-Lyon, le 17 septembre 2017 au Parc des Princes.

Edinson Cavani et Neymar lors de PSG-Lyon, le 17 septembre 2017 au Parc des Princes. — FRANCK FIFE / AFP

La scène a excité les foules jusqu’au Brésil. Son récit a d’ailleurs été l’article le plus lu sur le site Internet du puissant O Globo, sur la journée de lundi. L’embrouille entre Cavani et Neymar pour savoir qui tirerait le penalty accordé en fin de match contre Lyon dimanche est en train de prendre des proportions potentiellement dangereuses pour le PSG. Beaucoup trop, en tout cas, au regard des faits.

Au-delà de savoir si le second a effectivement unfollow le premier sur Instagram ou si l’affaire menace de se transformer en conflit sud-américain, comme on a pu le lire à droite à gauche, il va falloir agir vite côté parisien pour éviter la gangrène. Les premières tensions entre les deux joueurs à ce sujet étaient apparues face à Saint-Etienne (3-0), fin août. Le niveau d’agacement est monté d’un cran, dimanche. Ce serait quand même dommage que l’effectif le plus aguichant qu’on ait vu en France depuis l’OM des grandes années explose pour si peu.

S’il n’y a rien de dramatique, la question du tireur doit se régler. « On va s’arranger en interne », a assuré Unai Emery après la rencontre. Mais de quelles solutions dispose vraiment le coach espagnol ?  Edinson Cavani a l’ancienneté pour lui, Neymar un statut. S’il est venu à Paris, c’est avec la promesse d’être le numéro 1 incontesté. Il doit être vu comme LE joueur qui fait gagner son équipe s’il veut remporter le Ballon d’Or. 

Cette histoire est un détail mais il ne faut pas la résumer à une querelle de gamins. Elle matérialise une place dans le vestiaire, et plus globalement dans le projet. Ce n'est pas pour rien qu'Emery a pris le temps d'expliquer sa position et promis que ça n'en resterait pas là. 

Tentons de lister ce que le coach parisien pourrait décider :

  • La solution « dictature »

L’idée >> Emery met en place une hiérarchie claire, nette et précise en faveur de l’un ou l’autre. S’il est sur le terrain, c’est lui qui tire, point barre.

Inconvénient >> Celui qui n’est pas désigné risque de bouder un moment.

  • La solution « que le meilleur gagne (plus) »

L’idée >> Un joueur est choisi, il tire jusqu’à ce qu’il rate. C’est ensuite à l’autre d’avoir sa chance, et ainsi de suite.

Inconvénient >> Ça ajoute une pression supplémentaire sur les épaules du tireur, qui sait qu’il n’aura plus le droit de s’amuser avant un moment s’il se loupe.

  • La solution « égalité parfaite »

L’idée >> Cavani et Neymar tirent un péno sur deux, de manière immuable.

Inconvénient >> Un penalty à 5-0 contre Metz ou pour qualifier le PSG en demi-finale de Ligue des champions, ça n’a pas tout à fait la même saveur.

  • La solution « ça dépend du match »

L’idée >> Un tireur prioritaire est désigné, mais s’il a déjà marqué et l’autre non, on inverse.

Inconvénient >> Et si les deux ont marqué ? Ça laisse beaucoup trop de place à l’interprétation.

Pour analyser tout ça, on a demandé à Grégory Paisley, ancien de la maison qui a joué avec Marco Simone, Jay-Jay Okocha, Laurent Robert ou Nicolas Anelka (parfois en même temps, et « ça n’a jamais posé de problème »), ce qu’il en pensait. « Toutes les solutions sont valables, juge-t-il. A un moment, les grands joueurs doivent, encore plus que les autres, se montrer responsables. Le collectif prime. L’important, c’est de le mettre ce penalty au final. »

« Ridicule de mettre un vestiaire en danger pour une broutille comme ça »

C’est sûr, dit comme ça, c’est imparable. L’ancien défenseur insiste, l’important est simplement que cette situation ne se reproduise pas. « C’est très étonnant de voir ça à ce niveau. On étale sur la place publique quelques soucis internes, forcément ça crée tout de suite la polémique. Surtout à Paris. Quelle que soit sa décision, Emery doit trancher, une bonne fois pour toutes. C’est ridicule de mettre un vestiaire en danger pour ça ».

Au repos lundi et mardi, les joueurs parisiens ne sont attendus à l'entraînement que mercredi. Les esprits auront eu le temps de se calmer pour pouvoir discuter de tout ça à tête reposée.