Paolo Maldini et Silvio Berlusconi, du temps de la splendeur du Milan AC.
Paolo Maldini et Silvio Berlusconi, du temps de la splendeur du Milan AC. - OLYMPIA/SIPA

Une page de l’histoire du Milan AC vient de se tourner aujourd’hui. Annoncée en septembre 2016, la vente du club par Silvio Berlusconi à un groupe d’investisseurs chinois, Rossoneri Sport Investment Lux, est désormais officielle.

Pendant 31 ans, donc, Silvio Berlusconi aura été l’omnipotent patron d’un club qu’il a relevé de ses propres mains (sans compter l’appui de son énorme portefeuille) et sauvé de la quasi-faillite.

Si l’ancien chef du gouvernement italien n’a pas que des amis dans le monde de la politique et du football, et qu’il a plus de casseroles aux fesses qu’une voiture de jeunes mariés, on ne pourra en revanche pas douter de son amour, sincère, pour son club du Milan AC.

Sacchi, Capello, Ancelotti, les années glorieuses

Avec lui, le club lombard a connu de longues périodes fastes et empilé les trophées comme on enfile les perles sur un collier. C’est lui qui va faire venir Arrigo Sacchi, jusque-là illustre inconnu et entraîneur de Parme en Série B, et lui donner carte blanche pour façonner une équipe qui restera à tout jamais dans les mémoires.

A l’arrivée, l’entraîneur italien va bâtir en quelques mois une équipe qui dominera l’Europe et révolutionnera le football, dans un championnat qui ne jurait encore à l’époque que par le « catenaccio ».

Arrigo Sacchi et Carlo Ancelotti, deux légendes, deux capillarités.
Arrigo Sacchi et Carlo Ancelotti, deux légendes, deux capillarités. - FILIPPO MONTEFORTE / AFP

D’autres grands entraîneurs naîtront là-bas, dans un Milan AC que les romantiques du football regrettent tant aujourd’hui : Fabio Capello (1991-1996) et Carlo Ancelotti (2001-2009) poursuivront l’œuvre du « mage de Fusignano » et donneront à l’AC Milan ses lettres de noblesses.

Et que dire du nombre de génies du ballon rond qui, bichonnés par Il Cavaliere, auront fait rêver des générations entières de tifosi ? Allez, citons pêle-mêle Marco Van Basten, Ruud Gullit, Franco Baresi, Paolo Maldini, Andreï Shevchenko ou Kaka. Liste non exhaustive, cela va de soi. Et puis Berlusconi, c’est aussi et surtout 29 titres, dont  huit scudetti et cinq Ligues des champions. Plutôt correct, non ?

Paolo Maldini, éternel enfant du Milan AC.
Paolo Maldini, éternel enfant du Milan AC. - PAUL BARKER / AFP

Après la fête…

Bon ok, faut dire que depuis un moment, l’AC Milan n’est plus que l’ombre de lui-même. Depuis le départ d’Ancelotti en 2009, les succès sont devenus beaucoup plus rares, avec un seul championnat et deux Supercoupes. Berlusconi, 80 ans, a perdu son flair.

Ses derniers choix de coaches sont autant d’expériences ratées - Seedorf, Inzaghi, Mihajlovic - et l’effectif qui autrefois faisait rêver, se bagarre désormais pour conserver une modeste sixième place. Le Milan coûte cher et les enfants du président le poussent à vendre. Aujourd’hui c’est chose faite, donc.

Avant de filer les rênes de son joujou d’amour, le papa a tenu à écrire une lettre à ses supporters.

« Je laisse aujourd’hui, après plus de 30 ans, le titre et la charge de président du Milan. Je le fais avec douleur et émotion mais en étant conscient que le football moderne implique pour être compétitif au plus haut niveau européen et mondial des investissements et des ressources qu’une famille seule ne peut plus assumer. »

Sûr que les ultras milanais auront, à leur tour, un message à adresser prochainement au Cavaliere.

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