Thierry Henry sous le maillot d'Arsenal, le 9 janvier 2012.
Thierry Henry sous le maillot d'Arsenal, le 9 janvier 2012. - IAN KINGTON / AFP

Thierry Henry a planté 51 buts en 123 sélections en équipe de France. Il a été champion de France, d’Angleterre et d’Espagne. Il a gagné la Ligue des champions, la Coupe du monde et l’Euro. Et pourtant, la popularité en France de «Titi» est loin d’atteindre ce à quoi son palmarès lui donnerait droit. Tout juste retraité, Henry sait que ce n’est pas en France que sa cote est la plus grande. Une forme d’injustice qui s’explique.

Parce qu’il lui manque un chef-d’œuvre en Bleu

En 1998, il marque trois buts mais reste dans les mémoires comme le 2e petit jeune de la bande avec David Trezeguet. La vedette du tournoi, c’est évidemment Zidane. Deux ans plus tard, il égalise en demi-finale de l’Euro 2000 contre le Portugal, mais le monde se rappelle seulement du penalty de Zidane. Enfin, en 2006, c’est la pire injustice: seul buteur contre le Brésil en quart de finale du Mondial, mais éclipsé par le récital somptueux de Zidane.

Parce que la France trouve qu’il a la grosse tête

Les supporters français ont toujours eu du mal avec les joueurs qui se la racontent. On n’ira pas jusqu’à dire que Thierry Henry a le boulard, mais il n’a jamais été rempli d’humilité non plus. Et c’est surtout son attitude après ses buts qui ont empêché les Français de s’attacher à lui. «Je ne montre pas souvent mes émotions, la presse me l'a souvent reproché, mais la voilà mon émotion, je la montre pour le club que j'aime», s’est-il fâché il y a trois ans lors d’un hommage rendu à son égard par Arsenal.

Parce que la main contre l’Irlande

En 2009, sa fameuse main contre l’Irlande permet à William Gallas de marquer, et surtout à la France de se qualifier pour la Coupe du monde 2010. Mais Thierry Henry va se faire lyncher médiatiquement. Il ne faut vraiment pas aimer le foot pour infliger un tel traitement à son propre capitaine. «Lorsqu'on compare la tempête qu'il a endurée et le quasi-pardon dont le coup de tête de Zidane a fait l'objet, on a un peu de mal à comprendre», écrit son sélectionneur de l'époque Raymond Domenech, dans son Dico passionné du foot.

Parce qu’il a laissé faire à Knysna

Evidemment, Thierry Henry ne faisait pas partie des meneurs de la grève de Knysna. Mais son aura, sa carrière et son expérience auraient dû le pousser à intervenir. Son statut fragilisé n’a pas forcément aidé. «J’aurai pu être le grand frère, je ne l’étais plus. Je me suis senti écarté. Peu importe qui, quoi, on ne me parlait plus comme avant», explique-t-il dans une interview post-traumatique avec Michel Denisot. S’il porte moins «la marque Knysna» qu’un Patrice Evra, le Gunner était quand même dans le bus.

Parce qu’il a toujours préféré l’Angleterre

Avec tout ça, pas étonnant que Thierry Henry se soit vite senti mieux à Londres qu’à Paris. Sa mentalité finalement plus anglo-saxonne s’est épanouie outre-Manche, où son statut de meilleur joueur de tous les temps d’Arsenal le pose en légende. Ce n’est pas un hasard si c’est en Angleterre qu’il choisit de rentrer maintenant que sa carrière est terminée. Il sera désormais consultant pour Sky Sports sur les matchs des Gunners. Et pas sur beIN Sport pour les matchs de Monaco.

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