Coupe du monde 2014: Bannir le sexe avant un match? «Si on interdit tout, c’est encore pire»

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Publié le 24 avril 2014.

FOOTBALL - Jean-Pierre Paclet, ancien médecin de l’équipe de France, revient sur le sexe comme frein à la performance alors que le sélectionneur brésilien veut éviter les acrobaties…

Neymar et consorts sont prévenus: pendant la Coupe du monde, Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur national, sera attentif à leur vie sexuelle. «Si c’est du sexe normal, d’accord. Si c’est normal, c’est normal, ce n’est pas s’envoyer en l’air trop haut», a prévenu «Felipao» lundi soir. Le sexe potentiellement nuisible à la performance physique, c’est un débat que connait bien Jean-Pierre Paclet, ancien médecin de l’équipe de France sous Raymond Domenech.

Quel est votre avis sur l’influence des rapports sexuels avant un match?

Tout le monde est à peu près d’accord. Tirer son coup, ça relaxe, mais il ne faut pas que ce soit toute la nuit. En pratique, ça veut dire: pas de nouvelle conquête où on veut briller. Je suis donc très favorable au sexe avec sa régulière. C’est un peu pour ça que les femmes étaient conviées pendant la compétition, mais qu’elles n’étaient pas là en permanence. Si un joueur ne comprend pas qu’il ne doit pas passer une nuit blanche avant un match important, il fera d’autres conneries.

Vous êtes-vous basé sur une étude scientifique pour appuyer cotre réflexion?

Non, c’est à l’instinct. C’est tellement individuel… Et ça fait aussi parti de la responsabilité individuelle de l’athlète. On ne peut pas lui dire non plus, «ce soir tu fais l’amour avec ta femme, parce que tu as un match dans deux jours». C’est du domaine de l’intime et de la responsabilité individuelle. Il faut être libéral contrôlé, en fait. Le risque je pense, c’est de les laisser faire et puis sur une soirée de libre, ils vont draguer au maximum pour satisfaire leurs besoins. Entre 20 et 30 ans, c’est la pleine période d’activité sexuelle, c’est normal.

Tout interdire est donc une mauvaise solution selon vous?

Si on interdit tout, c’est encore pire. Pour l’anecdote, aux JO de 1996 à Atlanta (avec l’équipe de France espoir, ndlr), on en avait pas mal discuté avec Raymond Domenech. On avait décidé que s’ils voulaient être avec leur femme on les libérerait un soir. Mais il y a trois ou quatre joueurs qui n’ont pas fait venir leur femme. On leur avait donné quartier libre jusque minuit, la majorité était allée se faire une petite bouffe avec leur chérie, mais les quatre-là, où est-ce qu’ils sont partis? Ca se résout plus avec du bon sens.

Un rapport sexuel ferait baisser la testostérone…

Il y a une baisse, c’est sûr, mais est-ce qu’il n’y a pas un phénomène de surcompensation? De toute façon, ils en perdront autant en se branlant dans leur chambre. Les cassettes pornos à Clairefontaine, ça circulait de mon temps, ça circulait avant moi et ça circulera après moi. Il faut garder un peu les pieds sur terre. Et ne pas oublier que tout au long de l’année, ils gèrent ça au quotidien. Ce sont les athlètes qui se connaissent le mieux.

* Antoine Maes

 
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