Les aveux de Lance Armstrong sur le plateau télévisé d'Oprah Winfrey, aux Etats-Unis, le 17 janvier 2013.
Les aveux de Lance Armstrong sur le plateau télévisé d'Oprah Winfrey, aux Etats-Unis, le 17 janvier 2013. - Mandel Ngan afp.com

L’un des plus grands sportifs de l’histoire devenu l’un des plus grands traitre… Avec «Itinéraire d’un salaud», Reed Albergotti et Vanessa O’Connell, journalistes au Wall Street Journal, reviennent sur ce que les Américains appellent «The Trahison». Une enquête de trois ans qui décrypte les pratiques malsaines dans le milieu du cyclisme, avec en ligne de mire, dopage, corruption et pression psychologique…

Armstrong ne se cachait pas, plusieurs coéquipiers, ou concurrents et journalistes étaient au fait de sa consommation de produits dopants. Comment se fait-il que cela n’est pas fuité plus tôt?

Trop d’intérêts étaient en jeu, il représentait trop d’argent. Une grande majorité des coureurs étaient dopés à cette époque. Si un cycliste se levait pour protester contre ce système, il aurait été automatiquement mis à l’écart. Le phénomène était trop répandu. Par exemple, Stephanie McIlvain, représentante d’Oakley (lunettes de soleil, ndlr) avait eu une aventure avec Lance Armstrong et était au courant des pratiques de dopage du cycliste. Elle a subi des pressions en interne pour ne pas en parler car Oakley était un des sponsors de Lance Armstrong. Il y avait beaucoup à perdre.

Pensez-vous que la publication de votre livre pourra changer les mentalités dans le cyclisme?

Je pense que la question du dopage n’est pas la priorité dans cette affaire. Le plus grave est que Lance Armstrong n’est pas une victime du dopage, il n’a pas uniquement suivi une tendance mais a instrumentalisé un système au lieu de le combattre. Il a crée une sorte d’omerta, à chaque fois que quelqu’un essayait de parler du dopage, il se débrouillait pour le faire taire et lui ruiner sa carrière.

Votre livre est plein de détails dans les courses du Tour de France, notamment en 1999 avec le combat Pantani, Ulrich et Armstrong. Vous êtes-vous entouré d’un spécialiste pour raconter cela?

En fait ce sont mes propres souvenirs. Je suis un grand fan de cyclisme. C’est mon père qui m’a transmis l’amour de ce sport. J’ai grandi avec et j’ai essayé de retranscrire l’excitation à travers ce livre. Je ne voulais pas seulement raconter l’affaire Armstrong mais également des moments forts de sa carrière.

Que vous a dit Armstrong la dernière fois que vous avez discuté avec lui?

La dernière fois que nous nous sommes vu, je venais de valider la couverture de mon livre. Je lui ai présenté, il l’a pris et m’a répondu: «Vous vous moquez de moi ? Allez vous faire voir!»

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