Sotchi 2014: Avec Ophélie David, la poisse frappe toujours deux fois

JEUX OLYMPIQUES – La Française, légende u skicross, a chuté en finale, quatre ans après une première déconvenue à Vancouver...

Julien Laloye

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Ophélie David (en blanc), après sa finale olympique à Sotchi, le 21 février 2014.

Ophélie David (en blanc), après sa finale olympique à Sotchi, le 21 février 2014. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi,

Il y a des destins de vainqueurs que rien ne peut contrarier. D’autres qui sont contrariants dés le départ et le restent toute une carrière. Ophélie David, a gagné tout ce qu’on pouvait gagner sur terre en skicross. Plusieurs fois, même, pour être sûre. Mais rien aux JO.  Le scénario se répète douloureusement tous les quatre ans, avec un zeste de cruauté en plus. A Vancouver, la Française était tombée en quart de finale. A Sotchi, elle a réussi le plus dur, entrer en finale, le graal qui vous assure 75% de chances de ramener une médaille. Sauf que 75%, ça ne suffit pas quand le destin a décidé de ne pas miser sur vous. A mi-course, la skieuse de l’Alpe d’Huez est troisième, le podium presque dans la poche, jusqu’à ce saut mal assuré, mal amorti, mal réceptionné, mal un peu tout.

«Je voulais les dégommer...»

Ophélie David, les yeux rougis d’émotion, ne se l’explique toujours pas, longtemps après sa course. «J’arrive sur le saut je suis pas trop stressée, dans ma tête je pense juste qu’il faut que je me décale parce que je sais que je peux passer mes deux adversaires à l’intérieur sur le virage d’après. Je me dis que je vais les dégommer, et là je m’envole totalement, j’arrivais peut-être un peu vite, je sais pas…» Jeudi, les Français avaient slalomé entre les chutes avec un touché d'orfèvre. Ophélie David avait semblé les imiter toute la journée. «J’étais venu pour l’or. J’étais à l’attaque tout le temps, je voulais lever le poing parce que c’est ça qui est bon. Je n’ai peut-être pas été assez raisonnable.» Romuald Licinio, qui guettait sa protégée depuis l’aire d’arrivée, ne veut pas l’accabler. «C’est la vie, que voulez-que je vous dise? Demain on rentrera chez nous et on oubliera.»

«Je vais retenir l'aventure des trois dernières années»

Ce sera difficile, tout de même, d’oublier ces quatre années à trimer ensemble de camping-car en camping-car, dans une team privée. Le conseil était venu de la Fédération, après l’échec de Vancouver. Il a failli fonctionner. «Je suis très déçue, évidemment, mais je vais retenir ça l’aventure des trois dernières années, juste parfaite. On avait notre petit team, c’était David contre Goliath. Je suis quand même chanceuse, j’étais en passe de gagner une médaille aux JO.» A 37 ans, le pari de remettre le couvert quatre ans pour se redonner une chance olympique semble utopique. «Je me sens moins au fond du bac qu’à Vancouver, mais la suite, franchement…Il reste trois étapes de Coupe du monde, il faudra voir comment ça se passe dans la tête, dans le cœur, est-ce qu’on a envie…je ne sais pas».

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