Tour de France 2013: Comment les coureurs gèrent l’incertitude de la sélection

CYCLISME – La Grande Boucle débute dans deux semaines…

Romain Baheux avec Julien Laloye

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Le peloton du Tour de France le 20 juillet 2012.

Le peloton du Tour de France le 20 juillet 2012. — JOEL SAGET / AFP

Ils seront bien embêtés pour vous répondre si vous leur demandez leur programme du mois de juillet. Si on connaît déjà l’identité du leader et des principaux lieutenants de chaque équipe présente au Tour de France, certains coureurs espèrent encore accrocher les dernières places pour le départ en Corse dans deux semaines. Fabrice Jeandesboz, cycliste au sein de l’équipe Sojasun et parmi ces incertains, et Julien Jurdie, directeur sportif de l’équipe AG2R La Mondiale, racontent ces derniers jours avant le choix.

L’espoir

Fabrice Jeandesboz, coureur de l’équipe Sojasun. «Franchement, je n’ai aucune idée de si je vais faire le Tour ou pas. Il y a dix jours, je vous aurais dit que je n’avais aucune chance. Je n’ai que deux jours de course dans les jambes depuis début mai à cause d’un virus gastrique et j’ai raté le stage de l’équipe dans les Alpes. Mais j’ai fait les deux derniers Tours, j’ai quand même l’expérience. Disons qu’en début de saison je vous aurais dit que j’étais sûr d’y retourner. Là je n’en sais rien.»

Julien Jurdie, directeur sportif d’AG2R La Mondiale. «On a déjà sélectionné cinq coureurs, il en reste huit pour quatre places. Ils le savent dès le début qu’il y aura de la concurrence. Le sportif est dans sa bulle, il ne pense qu’à participer au Tour de France tandis que notre souci est d’aligner la meilleure équipe possible. On fait abstraction de beaucoup de choses pour se concentrer sur la performance de l’équipe.»

La dernière semaine

F.J. «Il y a encore moyen de faire changer l’avis du manager, enfin en tout cas pour moi. Je n’ai pas pu faire le Tour de Suisse, mais il me reste la Route du Sud, une course idéale pour les grimpeurs comme moi. Il faut que je voie où j’en suis au niveau des sensations, mais si les jambes répondent il y a une bonne étape samedi à Bagnères-de-Luchon. L’objectif c’est de jouer la victoire d’étape. Ca veut dire que je reviens dans le jeu.»

J.J. «On regarde la condition physique. Si un coureur est mauvais à ce moment-là, il sera mauvais au Tour de France. Je dois aussi en freiner certains. Sur le Tour de Suisse, l’un de nos coureurs Mikaël Cherel a été victime d’une chute et a voulu absolument tenir son rôle d’équipier. J’ai dû le freiner et lui dire de se reposer un peu. Je regarde également l’état d’esprit de certains coureurs. Le Tour de France, on vit en vase clos pendant près d’un mois avec les coureurs et l’encadrement. Il faut que cette aventure se passe bien et ne pas avoir de tensions.»

L’annonce

F.J. «C’est la première fois qu’à Sojasun aucun coureur n’est assuré de sa participation au Tour début juin. Il y a deux ans, tout le monde savait à peu près à la fin du Dauphiné. L’an passé, je faisais partie des six choisis début mai. Là, l’équipe a décidé d’attendre les championnats de France. Tout le monde sera réuni le soir et on saura les neuf qui y vont. Evidemment, ce sera un moment difficile à passer, pour ceux qui restent aussi.

J.J. «Après le championnat de France (dimanche 23 juin), on se concerte avec Vincent Lavenu (le manager général de l’équipe) pour finaliser la sélection. On prend le coureur à part pour lui expliquer notre décision mais c’est un moment délicat. On lui détaille notre choix mais sans trop s’éterniser. Si le coureur n’est pas retenu, il n’a pas envie d’en parler pendant dix minutes.

L’après

F.J. «Ce serait une déception de ne pas y être, c’est évident. Après à titre personnel je sais que je ne suis pas en parfaite condition au moment de la sélection. Mais il ne faut pas croire que la saison s’arrête avec le Tour. Si je n’y suis pas, je sais que l’équipe comptera sur moi ensuite pour d’autres belles courses à étape comme le Tour du Portugal ou le Tour de l’Ain. D’expérience, je sais que c’est compliqué de repartir quand on a fait le Tour. Or une saison ça dure jusqu’au mois d’octobre.»

J. J. «Dans notre discussion avec les coureurs non-retenus, on essaie de rebondir sur des objectifs futurs. Là, on leur parlera du Tour d’Espagne où l’on aura des gros objectifs au classement général avec notre leader Carlos Betancur. Il faut éviter de leur mettre la tête dans le seau en ne leur disant qu’un simple «non».»

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