Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Pourquoi Yannick Agnel choisit l'exil aux Etats-Unis

Pourquoi Yannick Agnel choisit l'exil aux Etats-Unis

NATATIONLe double champion olympique français en quête d'une nouvelle aventure. Pour des raisons plus humaines que sportives...
R.S.

R.S.

En trois jours, sa décision était prise. Yannick Agnel n’a pas eu besoin d’une longue période de réflexion pour changer radicalement d’environnement, neuf mois seulement après ses deux titres olympiques à Londres. Le nageur de 20 ans a brutalement quitté Nice et son entraîneur Fabrice Pellerin pour rejoindre Bob Bowman, l’homme qui a accompagné Phelps lors de ses 18 titres aux JO. A Baltimore, où il pourrait très vite s’entraîner, Agnel est certain de trouver ce qui lui manquait à Nice: «La chaleur humaine, le partage, la sincérité. Des choses que Fabrice a voulu volontairement élaguer», assure celui qui travaillait avec son coach depuis sept ans.

Sportivement, Agnel ne remet pas du tout en cause les méthodes de Pellerin. Il devrait d’ailleurs trouver les mêmes avec Bowman, adepte comme lui des grosses charges de travail. Mais entre les deux hommes, le courant ne passe plus: «Il a toujours voulu mettre beaucoup de distance entre lui et ses nageurs. Je le respecte. Maintenant, j’ai besoin de me lancer sur autre chose. Un nouveau projet.»

«Je ne pense pas qu’il soit ouvert à la discussion»

Ces dernières semaines, le coach et son élève ont eu quelques désaccords. Des «anicroches» dans la bouche d’Agnel, mais «pas de clash ni de remontages de bretelles.» Le nageur, qui demandait à alléger ses entraînements depuis la rentrée, a demandé «un break de huit jours». Pellerin le lui a accordé, sans vraiment chercher la raison de ce ras-le-bol, ce qu’Agnel a modérément apprécié. «Je ne vais pas m’attarder sur les détails. C’était assez difficile émotionnellement. Il n’a pas pris de nouvelles. Je ne pense pas qu’il soit ouvert à la discussion. Un jour, on en discutera.»

Si Agnel est désormais en quête de chaleur humaine, c’est effectivement ailleurs qu’il devrait s’épanouir. Pellerin n’a jamais été un expansif. Pour fêter les titres de ses nageurs, il ne lui est jamais venu à l’idée de se jeter dans la piscine. Sa conception du haut niveau le lui interdit: «En France, il n’y a pas de place pour la mesure, confiait-il récemment à 20 Minutes. C’est toujours extrême. Quand ça va, il y a un débordement émotionnel qui stigmatise l’instant et qui laisse percevoir que c’était un moment accidentel. Il faut rester mesuré dans sa réaction de manière à pouvoir rééditer ses objectifs.» Des objectifs qu’Agnel tentera de rééditer sans lui.