Des militants du Paris Foot Gay déploient une banderole contre l'homophobie lors d'un match de gala au stade Charléty, en 2009.
Des militants du Paris Foot Gay déploient une banderole contre l'homophobie lors d'un match de gala au stade Charléty, en 2009. - LIONEL BONAVENTURE / AFP

Treize clubs, 121 professionnels, 123 joueurs en centre de formation, et des résultats édifiants: «L’homophobie est la norme», selon une enquête coordonnée par Anthony Mette, psychologue du sport, pour le Paris Fooball Gay. Entre septembre 2012 et février 2013, tous les clubs pros de France se sont vu proposer de répondre à cette enquête. Si celle-ci n’est pas exhaustive (L1 et L2 confondus, le taux de réponse atteint 27,5%), c’est tout de même la première fois que le sentiment d’homophobie est mesuré à cette échelle, et à ce niveau.

Les résultats sont donc édifiants. Chez les pros, ils sont 41% à «exprimer des opinions hostiles à l’homosexualité», dans le cadre d’un questionnaire anonyme. Un pourcentage qui grimpe à 50% chez les jeunes joueurs des centres de formation. Chez les sportifs en général, le chiffre tombe à… 8%. «Il est possible que les joueurs qui perçoivent cette norme et qui désirent être intégrés à l’équipe exagèrent leur propre pensée», nuance l’étude. 

Un jeune sur deux aurait peur de se doucher avec un coéquipier homosexuel 

Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’un joueur fasse prochainement son coming-out. Dans ce cas précis, l’enquête est une nouvelle fois très révélatrice. Chez les pros, 63% (73% en centre de formation) des sondés seraient surpris si un coéquipier se dévoilait, «car c’est un sujet tabou». Chez les futurs joueurs de Ligue 1, qui mûrissent en ce moment dans les écoles de foot, ils sont 55% à déclarer «avoir peur de se doucher avec lui». Et même 23% à «avoir peur que l’équipe soit moins performante». Enfin, ils sont 22% à «préférer qu’il change d’équipe». 

Tout n’est pas totalement sombre, pourtant. «Les déclarations comportementales que nous avons évaluées semblent faire état d’un possible coming-out dans le football professionnel», assurent les enquêteurs. Pourquoi? «Il faudrait distinguer les opinions envers l’homosexualité en général et "ce que je pense" de mon coéquipier homosexuel. Une majorité de joueurs serait ainsi ouverte à l’idée de jouer avec un partenaire gay.» 

Cette petite note d’espoir ne s’applique tout de même pas aux joueurs en centre de formation. «L’ensemble des résultats que nous avons obtenus dans cette enquête doivent alerter les formateurs. Il semble quasiment impossible qu’un jeune homosexuel puisse s’épanouir dans le contexte des centres de formation en l’état actuel», indique l’enquête.

Pour lire l'enquête complète:

publié par A_Maes

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