L'ancien footballeur Olivier Rouyer, assis entre Claude Puel et Alain Giresse, lors d'un match du Variété, le 12 septembre 2012, au stade Charléty, à Paris.
L'ancien footballeur Olivier Rouyer, assis entre Claude Puel et Alain Giresse, lors d'un match du Variété, le 12 septembre 2012, au stade Charléty, à Paris. - F.FIFE/AFP

Ancien joueur de Nancy, sélectionné 17 fois en équipe de France, Olivier Rouyer (57 ans), est le seul footballeur français à avoir dévoilé son homosexualité au grand-public. C’était en 2008, mais le consultant de Canal est toujours le seul à l’avoir fait. Et les résultats de l’étude du Paris Football Gay ne l’étonnent pas plus que ça.

Le problème des centres de formation - «Je pensais que les gamins étaient beaucoup plus tolérants que les adultes, mais finalement non. Quand ils arrivent en centre de formation, ils répètent ce qu’ils ont entendu à la maison et n’ont peut-être pas assez de personnalité pour affirmer véritablement ce qu’ils pensent. Les éducateurs ont du boulot. Il faut leur faire comprendre qu’il faut peut-être être sévère quand on entend des propos homophobes. Sans doute qu’ils ne sont pas prêts à ça. C’est difficile pour eux car ils ne pas forcément très ouvert pour aller parler de ça avec les gamins. Il faut les préparer à ça.» 

Le mythe des douches - «Comment peut-on avoir peur de prendre sa douche quand on sait que son pote est homo? Mais c’est débile! C’est pas possible qu’on puisse encore penser comme ça. On peut pas être con à ce point-là, c’est dramatique. Mais c’est tellement ancré dans les têtes… C’est un manque de discernement, d’éducation. 

Le silence du football« On voit que les chiffres posent surtout problème dans le football. Il y a un vrai problème d’éducation, c’est clair. Je reprends les propos du joueur qui a parlé à visage découvert: «On essaye d’oublier les mots, d’oublier tout et de se cacher.» Bien sûr qu’il n’y a pas de problème puisque personne n’en parle! Et moi le premier. Personne ne se dévoile. On a l’impression que dans le football, le problème de l’homosexualité n’existe pas. C’est bien pour ça que c’est faux. Mais ce n’est pas facile, je comprends.  On revient toujours à l’éternel problème de dire «ouais mais si je le dis, ils vont tous me tomber dessus». 

Le problème du coming-out – «Peut-être qu’on va tous tomber le cul par terre parce qu’on se rend compte que c’est tout à fait possible.  Et que tout ce qu’on dit là c’est de la connerie car les gens acceptent… ou alors c’est l’inverse et le coming-out continue à être mal perçu et pas admis. Les joueurs de Ligue 1 disent que ça ne changerait rien? J’aimerai que ce soit la vérité. Je n’en suis pas convaincu. Une enquête anonyme, ça n’engage à rien. C’est facile de répondre ça. Peut-être que l’étude aurait été encore plus forte à découvert. C’est là aussi que l’on se rend compte que le dossier est sensible. Quand tu vois les gens réagir par rapport au mariage pour tous, il y a quand même malgré tout de l’homophobie bien présente en France. En France, on est hyper conservateur et on a du mal à faire comprendre aux gens que tout doit évoluer.»

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