Nicolas Roche: «Leader sur Paris-Nice, c'est déjà un bon début»

INTERVIEW L'ancien leader d'Ag2r découvre un nouveau rôle au sein de sa nouvelle équipe Saxo Bank-Tinkoff...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le coureur Nicolas Roche, sous les couleurs de l'équipe Saxo Bank Tinkoff.

Le coureur Nicolas Roche, sous les couleurs de l'équipe Saxo Bank Tinkoff. — DR

Après un stage en Corse, où il a découvert les routes que traversera le Tour de France l’été prochain, le coureur franco-irlandais vise un top 5 sur Paris-Nice pour sa première grande course de l’année avec sa nouvelle équipe, Saxo-Tinkoff. L’ancien d’Ag2r entend profiter de sa position de leader pour briller, avant d’endosser le rôle d’équipier  de Contador ou Kreuziger…

Quelles ambitions nourrissez-vous sur Paris-Nice?

J’espère que ça se passera bien. Mon programme est assez classique à partir de Paris-Nice. J’ai des classiques et des courses par étapes. C’est varié. Mon rôle l’est aussi. Je vais sur Paris-Nice avec des ambitions personnelles et sur d’autres courses, je serai là pour aider l’équipe, comme sur les classiques, avec Contador, Kreuziger, Sorensen.

Il n’y a pas tellement de courses où vous serez leader finalement…

Paris-Nice. C’est déjà un bon début. Et le Tour de Catalogne. Je n’ai pas fait une révolution parce que j’ai changé d’équipe. Je me suis amélioré, je me suis beaucoup investi, lors des petits stages. Mais Paris-Nice reste une course difficile. J’ai des ambitions, je ne veux pas décevoir. Si c’est un podium tant mieux. Je vise un top 5. C’est déjà relativement ambitieux. On verra après.

Comment passe-t-on du statut de leader d’une équipe française à celui de coéquipier?

Très bien, ça va me donner d’autres opportunités. Sur certaines courses je devrais rouler et faire la différence pour l’équipe. Ça me donnera aussi des opportunités de jouer la gagne sur une étape. Chose qui me manquait parce qu’à trop jouer sur la défensive et la réserve d’énergie, j’accumulais les places de trois, quatre, cinq. Et je n’avais jamais l’opportunité de jouer une étape à 100%. Ou d’être à l’avant de la course sans penser au lendemain pour le général. Quand on dit «Nico, au kilomètre 175, c’est toi qui roule à bloc pendant 5km» et quand tu te retournes, il n’y a que cinq mecs dans ta roue. C’est un challenge qui me plaît aussi.

Les équipes françaises sont de bonnes écoles de formation finalement…

Totalement. Par manque de leader capable de gagner des grandes courses au plus haut niveau, ce sont des équipes qui donnent leur chance aux jeunes. Il leur manque du budget. Et encore, même pas. On ne peut pas tout avoir. Etre une équipe qui donne sa chance à tout le monde et tout jouer sur un mec. Ce n’est pas compatible.

Connaissiez-vous bien Contador avant d’être dans son équipe?

Non, on n’avait jamais trop discuté. Juste par courtoisie. C’est quelqu’un qui fait tout à 100% quand il est dans la course, il n’est pas très bavard. Mais au premier stage, j’ai découvert qu’il est très bavard en dehors du vélo. Pour donner des conseils ou parler de tout et rien. Et ce qui est impressionnant, c’est sa détermination et son côté killer dans tout ce qu’il entreprend. Que ce soit le foot, le squash, la voile, dès qu’il y avait un challenge, il était à 300% même au tir à l’arc où on était nuls, il fallait qu’il ait le conseil juste pour mettre la flèche là où il fallait. Tant qu’il ne l’a pas fait, il n’a pas lâché l’arc. Même quand il n’y a pas de compétition, il en crée une pour faire la différence.

Avez-vous déjà appris à ses côtés?

Au niveau des conseils, il m’a rappelé l’importance d’être bien placé tous ensemble avec l’équipe. Par rapport au vent surtout. Il ne fait pas manquer d’attention par rapport aux bordures. Il est comme un directeur sportif. Alberto, c’est vrai un chef d’équipe. Je me rends compte, que moi quand je me croyais chef, j’avais beaucoup à apprendre. Les résultats des autres coureurs lui tiennent à cœur. Il est au courant de tout ce qui se passe dans l’équipe. Même nos temps en montées à l’entraînement.

Avec ce qu’il lui est arrivé l’an dernier (une suspension consécutive à un contrôle antidopage positif), vous met-il en garde sur certains aspects de l’alimentation notamment?

On a un diététicien qui nous conseille régulièrement. Je n’ai pas abordé le sujet avec Alberto. Ce n’est pas un truc dont on parle en se tapant sur l’épaule au bar: «Hé tiens, mon copain.» Je ne le vois pas comme ça. Sur tout ce qui est diététique, on est très encadrés.

Mange-t-il encore de la viande?

Je ne sais pas. C’est le rôle du cuisinier de faire attention. Je n’ai pas regardé son assiette s’il triait les aliments.

Avez-vous l’impression qu’il y a une volonté de durcir les sanctions conter le dopage au sein du peloton?

Oui. Il y a un ras le bol. Et les calculs sont vite faits. Quand ça roule moins vite, tu as plus de chance d’être devant. Tu as intérêt à faire attention à tout pour aller dans le meilleur sens. Mais c’est long, très long. Les choses vont mieux.

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