Luc Abalo, le 9 janvier 2011 à Paris-Bercy.
Luc Abalo, le 9 janvier 2011 à Paris-Bercy. - A.Pierre / SIPA

Julien Laloye

Rangez-tout. Le stock de mouchoirs tout neufs pour accompagner la dernière de Didier Dinart et (très probablement) de Jérôme Fernandez avec l’équipe de France, l’intégrale des six finales remportées par les Bleus ces dernières années et le best-of des interviews en anglais de Claude Onesta. Si le Mondial 2013, qui débute vendredi en Espagne, marque la fin de l’aventure pour quelques-uns des Experts, l’équipe de France de handball ne va pas s’arrêter de gagner du jour au lendemain. «On sera encore sur les podiums pour les cinq ans à venir, au moins», avance Denis Lathoud, bronzé en 1992 à Barcelone.

Un groupe qui a su se régénérer

D’abord parce que des garçons comme Karabatic, Guigou ou Abalo, pour ne citer qu’eux, sont encore là pour un petit moment. «Il faudra me botter les fesses pour me sortir de cette équipe», plaisantait Thierry Omeyer après les JO, manière de dire que ce groupe en a encore sous le capot. Ensuite parce même dans la victoire, qui contraint si souvent les entraîneurs à ne rien changer, le groupe n’a jamais suivi l’option du «après moi le déluge», à la différence de la Russie des années 90 ou de la Suède des années 2000. «Des jeunes ont été incorporés petit à petit, explique Lathoud. Des joueurs comme Barachet ou Accambray ont l’habitude des grandes compétitions. Derrière, les Grébille, Descat, Mahé, le grand public ne les connaît pas mais ils ont un talent fou et ils attendent de pouvoir jouer dans cette grande équipe de France.»

Un championnat en plein essor

A priori, il n’y a pas de raisons que la source tarisse, si l’on suit la logique de Philippe Bernat-Salles, le président de la Ligue nationale de handball: «Aujourd’hui, il y a treize champions olympiques qui évoluent chez nous, alors n’ayons pas peur de dire que l’on possède l’un des deux meilleurs championnats au monde.» Juste derrière l’Allemagne, mais désormais devant l’Espagne, saignée par la crise économique. «Ça va nous permettre d’attirer de gros internationaux étrangers et de forcer les jeunes à progresser pour se faire une place, espère Lathoud. Quand on voit qu’Onesta dispose d’une semaine à peine pour préparer ses joueurs à un Mondial, on se dit que tout le boulot doit être fait en amont dans les clubs.»

La peur du vide exprimée régulièrement par la DTN –«Le souci pour l’équipe masculine viendra après les Jeux de Pékin, quand de nombreux internationaux tireront leur révérence», osait Philippe Bana…en 2006- reste donc de l’ordre du fantasme pour l’ancien «Barjot», qui ne voit que la fatalité ou presque pour venir mettre fin à la domination tricolore. «C’est rare d’avoir les meilleurs joueurs du monde à tous les postes comme en équipe de France. Est-ce que la prochaine génération dorée ne viendra pas de Croatie ou d’Espagne? On ne sait pas.» Au pire, cela ne fera reculer les Bleus que d’une ou deux places sur les podiums. C’est encore acceptable, non?