Taxe à 75% retoquée: le foot français satisfait et circonspect

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Publié le 29 décembre 2012.

Les représentants du football professionnel, principal sport concerné par le projet de taxation exceptionnelle à 75% pour les très riches, ont applaudi samedi le rejet de cette mesure qui aurait nui selon eux à la compétitivité des clubs français, tout en restant prudents.

La Ligue de football professionnel (LFP) a été en pointe dès la campagne présidentielle dans le combat contre cette taxe qui aurait touché une centaine de joueurs du Championnat de France - sur un total de 1.500 contribuables concernés.

Et même si la mesure a été invalidée par la Conseil constitutionnel pour des raisons techniques (le fait que cette contribution supplémentaire soit assise «sur les revenus de chaque personne physique» alors que l'impôt sur le revenu est prélevé «par foyer»), la LFP a crié victoire, par la voix de son président Frédéric Thiriez.

«Le football professionnel a eu bien raison de se battre !», a déclaré M. Thiriez dans un message transmis à l'AFP. «Depuis le début, nous tirons la sonnette d'alarme sur les dangers d'une telle taxation. Dangers pour le football français avec des conséquences désastreuses pour les clubs sans que les finances publiques s'y retrouvent, au contraire, avec l'exode des meilleurs joueurs».

«Le droit a prévalu. Face à une grave menace pour son avenir, le football professionnel français, solidaire, a remporté une belle et indispensable victoire collective» a ajouté M. Thiriez, avocat de formation, qui avait envoyé un argumentaire contre cette taxation au Conseil constitutionnel.

Président de l'UCPF (syndicat des clubs pros), Jean-Pierre Louvel a dit à l'AFP qu'il était «important de mettre cette taxe hors jeu» mais qu'il fallait aussi «attendre la suite des événements et rester prudent».

Même «prudence» chez le directeur de l'information de l'UNFP (syndicat des joueurs pros), Stéphane Saint-Raymond. «Une nouvelle loi sera présentée. C'est un petit soulagement, un beau cadeau de Noël, mais souvent les cadeaux de Noël ne durent pas», a-t-il déclaré à l'AFP.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a d'ailleurs promis dès samedi une nouvelle mouture de la taxe censurée dans le cadre «de la prochaine loi de finances», sans donner davantage de précisions.

«A part le PSG, aucun club n'a les moyens de payer cette taxe» qui aurait conduit à «une fuite des talents», a estimé M. Louvel. Détenu par un richissime fonds d'investissement qatari, le PSG fait figure d'exception en France, avec notamment le salaire mirobolant de sa star Zlatan Ibrahimovic, estimé à 14 millions d'euros net annuels.

«Ca aurait eu un impact énorme: avec la taxe à 75% on aurait pu devenir comme la Belgique ou l'Ecosse en matière de football, a estimé l'agent de joueur Michaël Manuello. Je connais un joueur, à ce niveau salarial-là, qui avec cette taxe ne revenait pas en France. A l'inverse, j'ai un autre joueur en train de grandir et qui à masse salariale équivalente, aurait choisi de partir à l'étranger».

«Cela aurait pu faire chuter le montant des droits télé», principale source de revenus des clubs français, a-t-il ajouté. «Sans Ibrahimovic et d'autres stars, le foot français ne vaut plus 600 millions d'euros, mais 400 à 450 millions».

Noël Le Graët, président de la Fédération (FFF) réélu pour un second mandat en décembre, avait pour sa part pris une position moins véhémente sur le sujet.

«Aller plus loin (dans la taxation des footballeurs) me paraît difficile», avait dit l'ancien maire PS de Guingamp le 1er juin, sans condamner explicitement cette taxe. Il comptait obtenir «l'étalement» de cet impôt, évoqué par les socialistes pendant la campagne présidentielle. Le président Hollande avait finalement lui-même écarté cette option.

© 2012 AFP
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