Le joueur du XV de France, Frédéric Michalak, lors de la victoire des Bleus au Stade de France, le 10 novembre 2012 contre l'Australie.
Le joueur du XV de France, Frédéric Michalak, lors de la victoire des Bleus au Stade de France, le 10 novembre 2012 contre l'Australie. - F.Fife/AFP

R.S.

En onze ans, les choses ont bien changé pour Frédéric Michalak au Stade de France. L’ouvreur -qui effectuait ses débuts dans cette même enceinte en 2001- n’y a pas toujours reçu l’ovation d’un public particulièrement exigeant, que Bernard Laporte avait qualifié de «Bourgeois de merde» en son temps. Mais quand ses tours de passe-passe font basculer les matchs de l’équipe de France, comme samedi soir face aux Wallabies (33-6), les «Michalak, Michalak» résonnent de nouveau. Deux ans après la déroute subie à domicile face à cette même équipe, l’affront est enfin lavé. A l’époque, le XV de France n’avait pu compter sur son ouvreur aux 3.000 vies, dont les retours en grâce ne se comptent plus.

A 32 ans, le voilà pourtant de retour au cœur du dispositif des Bleus de Philippe Saint-André, ravi de la performance de son taulier: «Frédéric, on l’avait rappelé pour l’Argentine, donc il y a longtemps. Je crois que quand on a osé dire que ce n’était pas un buteur de classe mondiale, aujourd’hui il a mis les pendules à l’heure.» Avec quinze points au pied et un drop sous les yeux de sa femme australienne, le Toulonnais a parfaitement assumé son statut, lui qui est désormais le joueur le plus capé des Bleus, même s’il ne compte que six sélections ces cinq dernières années.

«Avoir les gens derrière nous, c’est beaucoup de plaisir»

Le temps d’un match, l’ancien Toulousain s’est même offert quelques frissons en perçant la défense australienne sur l’accélération du match, à l’origine de l’essai de Fofana. Hué il y a six ans lors d’un France - Irlande raté, Michalak a cette fois accueilli avec plaisir les applaudissements d’un public assagi. «Avoir les gens derrière nous, c’est beaucoup de plaisir. J’ai entendu leur soutien, ça m’a beaucoup touché», reconnaît le Toulonnais, toujours aussi réservé mais aussi imprévisible sur le terrain.

S’il a empêché les Wallabies de bondir, l’ancien joueur des Sharks préfère pourtant redistribuer les bons points: «Les avants ont fait un super boulot, ça nous a fait respirer. C’est plus facile derrière de marquer des points et jouer en avançant», enchaîne celui qui n’appréhendait pas du tout ce «retour aux sources». Il lui faudra appliquer la même recette samedi prochain contre l’Argentine à Lille pour entretenir la petite flamme rallumée dans le cœur du public. Et l’amourette du Stade de France ne se transforme pas en un simple coup d’un soir.