"Le Sénégal assumera les sanctions" qui découleraient des incidents ayant provoqué samedi à Dakar la suspension du match contre la Côte d'Ivoire comptant pour la qualification à la CAN-2013, a affirmé dimanche à l'AFP Ferdinand Coly, membre de l'encadrement des "Lions"
"Le Sénégal assumera les sanctions" qui découleraient des incidents ayant provoqué samedi à Dakar la suspension du match contre la Côte d'Ivoire comptant pour la qualification à la CAN-2013, a affirmé dimanche à l'AFP Ferdinand Coly, membre de l'encadrement des "Lions" - Seyllou afp.com

© 2012 AFP

Le gouvernement sénégalais a exprimé ses regrets après les incidents ayant provoqué samedi soir à Dakar l'arrêt d'un match de football contre la Côte d'Ivoire, qui exposent le Sénégal à des sanctions que l'encadrement des Lions se dit prêt à "assumer".

Après le deuxième but ivoirien à la 73e minute qui propulsait les Eléphants vers la qualification à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2013, des supporters sénégalais présents au stade "ont été dans des actions regrettables, qui ont créé quelques violences", a déclaré le ministre sénégalais de l'Intérieur, Mbaye Ndiaye, samedi soir à la télévision publique RTS1.

"C'est dommage, c'est regrettable. Mais nous disons bravo à l'équipe ivoirienne, qui a eu un grand comportement à cause de sa sagesse, de son expérience" lors des incidents, a affirmé le ministre. "J'ai discuté avec elle pour la féliciter de son exploit, de son comportement et de son fair-play".

Tout avait pourtant bien commencé samedi au stade Léopold Sédar Senghor où, selon les organisateurs, quelque 53.000 personnes avaient pris place dès le début de l'après-midi dans les gradins.

Le défi du Sénégal de l'emporter par deux buts d'écart sur la Côte d'Ivoire, vainqueur à l'aller à Abidjan (4-2), donnait du piquant à la rencontre, dont le coup d'envoi avait été précédé de la lecture d'une déclaration officielle à l'occasion de la journée du fair-play par les capitaines des deux équipes.

Drapeau sénégalais déchiré

Le doublé du capitaine ivoirien Didier Drogba (51e, 73e s.p.) a fait éclater la colère des supporters sénégalais, qui couvait jusqu'alors. Des feux sont allumés dans les gradins, le drapeau sénégalais est déchiré, on voit un mouvement de foules, des projectiles volent: pierres, bouteilles, sachets d'eau ou canettes vides, et même quelques chaises.

Les forces de l'ordre interviennent pour disperser les supporters à l'aide de gaz lacrymogènes. Les supporteurs ivoiriens sont évacués vers la pelouse, où sont déjà regroupés joueurs sénégalais et ivoiriens dans un périmètre de sécurité. Tous sont ensuite évacués du terrain. Le match est définitivement arrêté après une quarantaine de minutes d'interruption.

Bilan: "des dizaines de blessés", généralement "légers", selon une source au ministère de l'Intérieur jointe dimanche. Dès samedi soir, un médecin avait affirmé à l'AFP que son équipe avait soigné dans l'enceinte du stade une dizaine de blessés. Selon lui, le ministre sénégalais des Sports, El Hadji Malick Gakou, a aussi été "blessé par une pierre" et évacué du stade.

D'après le ministre de l'Intérieur, M. Gakou se porte "mieux".

Sanction de la CAF ?

Au stade, la piste d'athlétisme ceinturant la pelouse était jonchée dimanche après-midi de pierres, canettes vides, témoins des débordements de la veille.

Le Sénégal perdra sans doute le match sur tapis vert et encourt une sanction de la Confédération africaine de football (CAF).

"Je ressens beaucoup de tristesse, car ce genre d'image n'a pas sa place sur un terrain de foot ou n'importe où ailleurs", a déclaré à l'AFP l'ex-international Ferdinand Coly, manageur général de l'équipe nationale sénégalaise.

"Nous sommes devant des lendemains difficiles mais le Sénégal assumera les sanctions" mais, "en attendant, on doit se faire pardonner par les supporteurs ivoiriens et tout faire pour que cela ne se produise plus", a ajouté M. Coly.

"Pour les joueurs, c'est un traumatisme, surtout pour les plus jeunes. Le travail psychologique pour les remobiliser sous le maillot national sera extrêmement difficile. On aura aussi des difficultés pour les convoquer, mais on va les laisser tranquillement digérer tout ça et on reviendra vers eux", a-t-il dit.