Ollie Barkley se dégage devant Doug Howlett, le 13 octobre 2012 à Paris.
Ollie Barkley se dégage devant Doug Howlett, le 13 octobre 2012 à Paris. - C.Ena/SIPA

Julien Laloye

Il y a deux espèces d’ouvreurs dans le rugby moderne. Ceux qui sont nés dans le sud ouest et qui ne sont bons que par temps sec, environ deux mois par an, soit 90% des demis d’ouverture du Top 14. Et puis il y a les autres, faits pour la pluie les chandelles et les terrains gras. La plupart britanniques, cela va sans dire, comme Ollie Barkley. Pour sa première avec le Racing samedi, sous un temps à ne pas mettre un Irlandais dehors, l’ancien joueur de Bath a joué comme à la maison -17 points au pied et un jeu de déplacement au poil- pour permettre aux Franciliens de réussir leur entame européenne face au Munster au Stade de France (22-17). «Je suis très content qu’on ait ce type de leader. Voir Ollie aussi présent et déterminé pendant la partie et la bonne gestion de notre charnière, c’est une satisfaction» s’est réjoui Gonzalo Quesada, qui a fait celui qui avait tout prévu: «Je connaissais la qualité évidente du joueur. C’est quelqu’un qui va nous apporter une vraie plus-value.»

Onze ans à Bath

Recruté comme joker médical quand les ouvreurs du Racing ont commencé à tomber comme des mouches (Wisniewski, Dambielle et Bélie sont sur le flanc), Barkley, 32 ans, a débarqué avec des références plus qu’honnêtes –il est toujours le troisième meilleur réalisateur de l’histoire du championnat anglais- mais une réputation de joueur très fragile hors de son cocon de Bath, qu’il n’a quitté qu’une saison depuis 2001 pour une expérience à moitié convaincante à Gloucester. L’international anglais par intermittence (23 sélections) jure que cette fois il est prêt à réussir loin de chez lui: «C’était le bon moment pour partir. Onze ans, c’est long quand vous sortez directement de l’école et que vous y avait grandi. Je pense que c’est la bonne décision».

Le joker idéal

Il a tout de même fallu que Quesada déploie des trésors de persuasion pour convaincre Barkley de rejoindre le bateau ciel et blanc courant septembre. Mais l’entraîneur du Racing n’a jamais douté de son choix: «Avec Jonathan (Winewski) et Benjamin (Dambielle), on avait deux très bons joueurs dans la gestion du jeu, mais aussi dans la lecture du jeu et dans la passe. Ollie nous apporte en plus son pied gauche». Une qualité bien utile quand le contexte invite au pragmatisme, comme samedi au Stade France où Juan Martin Hernandez, à peine revenu du Four Nations, a dû être titularisé en catastrophe après le forfait d’Estebanez à l’échauffement. «On n'a pas une combinaison travaillée dans la ligne de trois-quarts» déplorait Quesada au coup d’envoi. Avec Barkley à la manœuvre, ça ne c’est presque pas vu.