Floréal Hernandez

La retraite, Sébastien Loeb n'y pense pas. Pourtant, la sienne pourrait être dorée avec le contrat d'ambassadeur qu'il a signé en 2011 avec Citroën. Une retraite qu'il aurait pu également passer à conduire des Porsche ou des Ferrari sur circuit. « C'est bien, avoue-t-il. Mais… » Ces courses GT où évoluent essentiellement des gentlemen drivers ne sont pas assez relevées pour lui. Le nonuple champion du monde des rallyes a bien pensé au DTM. « Mais ce ne serait pas correct ni cohérent d'être ambassadeur Citroën et de courir avec une Audi ou une BMW. »
D'où le fait qu'il ait choisi de se tourner vers le WTCC. « ça me paraissait plus intéressant de me lancer dans un vrai championnat du monde. » Loeb compte y participer en 2014 après une année 2013 à temps partiel en WRC avec quatre à cinq rallyes au programme, dont le Monte-Carlo et l'Alsace.
Dans son sillage, il devrait emmener Citroën. La marque regarde actuellement si sa participation à la discipline est viable. Toutefois, Gilles Maton, le directeur de Citroën Racing, affirmait dimanche « ne pas être triste » du retrait de son pilote en rallye : « Non, nous allons commencer une nouvelle histoire ensemble et il reste chez Citroën. » Avec le championnat du monde des voitures de tourisme, la marque pourrait se positionner sur des marchés où elle veut se développer.

Des fans partagés
Yvan Muller, triple champion du monde WTCC et à la bagarre pour le titre 2012, est prêt à accueillir son compatriote alsacien « à bras ouverts ». « ça fait plus d'un an que je lui dis que le WTCC est une bonne alternative ou reconversion pour lui. » Loeb parle même de « challenge », car il ne débarquera pas pour faire de la figuration.
Chez les supporters de Loeb, son passage en WTCC partage. Yann, fan du champion depuis onze ans, se limitera à « regarder ses résultats ». Philippe, Mélanie et Sylvie, commissaires de course sur le rallye de France originaires du Limousin, continueront à le suivre dans sa nouvelle discipline, car « ça reste du sport automobile ». Conquis par Sébastien Loeb, Philippe avoue : « Il porte bien sa marque. Il l'a rajeuni. Mais ça ne me fera pas acheter une Citroën (rires). » Mélanie, sa fille, le coupe en évoquant un penchant pour la DS3. Le père semble presque convaincu. Et ce, sans l'intervention de l'ambassadeur Loeb.