Clément Chantôme, le 6 août 2011, au Parc des Princes, contre Lorient.
Clément Chantôme, le 6 août 2011, au Parc des Princes, contre Lorient. - A.PIERRE/SIPA

Julien Laloye, à Clairefontaine

 Il n’est pas là, personne ne s’en offusque. Il est là, tout le monde trouve ça normal. Au PSG, cela fait des années que ça dure. En équipe de France, c’est presque déjà le cas. A écouter Didier Deschamps et les joueurs tricolores venus passer le temps devant les médias, la sélection de Clément Chantôme, appelé dimanche soir par le sélectionneur pour pallier le forfait de Lassana Diarra, tombe sous le sens. Morceaux choisis: «c’est quelqu’un qui a pris énormément d’envergure depuis la saison passée» (Debuchy), «c’est un très bon joueur et c’est bien qu’il ait sa chance en équipe de France, ça prouve qu’il parvient à s’imposer dans un milieu composé de stars» (Giroud), «Carlo Ancelotti compte sur lui malgré la concurrence, ça veut tout dire (Sissoko)… A se demander pourquoi Didier Deschamps et plus encore son prédécesseur n’y avaient pas pensé plus tôt.

Le passeur le plus précis de L1

Ça fait pourtant un moment que l’on connaît les qualités du bonhomme: «Un gros volume de jeu à son poste et une bonne aptitude à utiliser le ballon une fois récupéré», résume le sélectionneur, qui attend lui qu’il se contente «de répéter ce qu’il fait de bien au niveau international». Par exemple, faire preuve un cran plus haut de la même justesse technique qui fait de Chantôme le joueur français avec le taux le plus élevé de passes réussies depuis le début de saison en L1 (94%). Evidemment, le milieu relayeur appelé en Espoirs il y a quelques années ne part pas favori pour démarrer contre le Japon ou à l’Espagne, ni même pour sortir du banc en premier. Mais ce serait mal connaître sa carrière que de le compter parmi les utilités venues faire le nombre aux entraînements à Clairefontaine.

Paris, une bataille permanente

A Paris, Chantôme a appris depuis longtemps à se rendre indispensable en dépit d’un statut de joueur ordinaire et de la réticence de certains de ses entraîneurs, Le Guen et Kombouaré en tête. «J’ai connu pas mal de moments difficiles ici. On ne m’a pas toujours fait confiance, on a voulu me faire partir. Mais je suis toujours là et je me suis blindé», a l’habitude de raconter le garçon quand on l’interroge sur sa formidable capacité à se faire une place dans un club qui n’est pas connu pour bien traiter les joueurs issus de sa formation. En début de saison, l’arrivée de Verratti, en plus des Sissoko, Motta ou Matuidi, a semblé le pousser vers Lyon, quatre ans après un premier départ avorté vers Arsenal. Carlo Ancelotti l’a personnellement retenu, sans lui promettre beaucoup plus qu’une chance égale devant la concurrence. Cela a suffi à Chantôme pour s’engouffrer dans la brèche. On se doute qu’il ne lui en faudra pas beaucoup plus pour signer un peu plus qu’un bail intérimaire avec les Bleus.