L'Arena de Montpellier.
L'Arena de Montpellier. - DAUMOURETTE / SIPA

avec AFP

Une information judiciaire est en cours à Montpellier (Hérault) sur le match de première division de handball remporté le 12 mai par Cesson devant le Champion de France Montpellier (31-28), a-t-on appris mardi de source judiciaire. Il y a une enquête sous contrôle d'un juge d'instruction, a indiqué cette source, confirmant une information de France 3 Languedoc-Roussillon.

Des joueurs de l'équipe montpelliéraine, notamment ceux de l'équipe de France, mais aussi des proches de certains de ces joueurs devraient être convoqués par les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier, a précisé une source proche du dossier. Les joueurs ont déjà été entendus après l'ouverture de l'enquête préliminaire qui portait sur des «paris anormaux» avec «des montants quatre ou cinq fois supérieurs à ce qu'on pouvait attendre» pour un tel match.

Karabatic pas au courant

«Je viens d'avoir Nico (Karabatic) au téléphone, il n'était pas au courant. Il pensait que cette histoire était terminée. Les joueurs n'ont jamais été entendus sur cette affaire et, à ce que j'en sais, personne n'a été convoqué», a cependant déclaré Bhakti Ong, l'agent de Karabatic, à l'AFP. Interrogée mardi soir par l'AFP, la Française des Jeux (FDJ) a rappelé qu'elle avait suspendu les paris sur ce match à la suite «d'éléments inhabituels enregistrés sur le montant des paris et en avait informé les autorités comme le prévoient ses obligations de vigilance et de précaution». La FDJ s'est refusée a tout autre commentaire.

Selon une autre source proche du dossier, la FDJ a enregistré des mises importantes à la mi-temps du match prévoyant la défaite du club alors que les meilleurs joueurs du club n'étaient pas alignés. Montpellier, déjà assuré d'être champion avant de se rendre à Cesson, alors huitième du championnat, était diminué ce jour-là par l'absence de cinq joueurs majeurs (Nikola et Luka Karabatic, Mladen Bojinovic, Vid Kavticnik et Samuel Honrubia, tous blessés), faisant que le résultat ne constituait pas une sensation en soi.

Epouses ou concubines de joueurs

Aucun autre opérateur n'avait enregistré de paris anormaux sur le score à la mi-temps. Des joueurs avaient gagné beaucoup d'argent mais le pari en question ne concernait que la mi-temps, pas le score de la fin du match avant lequel la formation héraultaise était quasiment invaincue, a ajouté cette source. Selon France 3 Languedoc-Roussillon, «le SRPJ de Montpellier a découvert que des épouses ou concubines de joueurs et de membres de l'environnement du club ont joué Montpellier perdant dans trois bureaux de tabac, l'un dans la région parisienne, l'autre en Bretagne et le dernier près de Montpellier». L'information n'a pas pu être confirmée par l'AFP de source policière.

Le président du club Rémy Lévy a réuni une cellule de crise mardi soir avant de s'exprimer dans les colonnes de Midi-Libre. «Je suis stupéfait que de tels éléments puissent être communiqués et qu’on jette ainsi en pâture des noms de joueurs sans qu’eux-mêmes aient été entendus, a-t-il déclaré. Je trouve cela grave au niveau des droits élémentaires de la défense.» Affirmant «découvrir cela avec grande surprise», Rémy Levy demande que «l’on fasse bien la différence entre le fait éventuel que des joueurs professionnels aient parié, ce qui est formellement interdit, et l’implication du club.». Il conclut: «Je vais défendre l’honneur du club. Les joueurs cités bénéficient de la présomption d’innocence. On verra bien ce que l’enquête établira. J’ai entendu un amalgame avec l’affaire VA-OM. Cela laisse entendre que le club est à l’origine de tout ça. C’est insupportable, voire irresponsable

Injoignables mardi, les joueurs de Montpellier sont partis le jour même à Flensburg en Allemagne pour disputer leur premier match de la saison en Ligue des champions. Ils seront de retour à Paris vendredi où ils doivent rester jusqu'à dimanche pour le grand choc contre le Paris SG.