Didier Dinart lors de la présentation du Paris handball, le 11 septembre 2012 à Paris.
Didier Dinart lors de la présentation du Paris handball, le 11 septembre 2012 à Paris. - F.FIFFE/AFP

Julien Laloye

Ils ont tenu la barre dans les heures sombres. Traversé sans états d’âme les saisons à turbiner dans le ventre mou de l’élite, avant d’aller chercher le maintien avec les dents l’an passé pour permettre aux Qataris de récupérer un club estampillé D1 clé en mains. Aujourd’hui, Patrice Annonay et Ibrahima Diaw, comme huit autres joueurs de l’effectif du Paris handball, doivent se contenter de jouer les utilités derrière les Mikkel Hansen, Didiert Dinart et autres Luc Abalo. Mais ne comptez pas sur eux pour se plaindre: s’ils avouent «s’être un peu inquiétés» pendant l’été, ils ne regrettent surtout pas le changement de dimension du club. 

 «Une concurrence saine»

«C’est un grand sentiment de fierté de participer à cette aventure», explique Ibrahima Diaw, parisien depuis 2003 en dehors d’un court intermède à Istres. L’arrière gauche s’est senti un peu perdu pendant la trêve, mais Philippe Gardent l’a très vite rassuré. «Il m’a dit qu’il comptait sur moi dans le jeu, mais aussi pour intégrer les nouveaux. C’est réconfortant de savoir que tu fais partie du projet.» Patrice Annonay ne dit pas le contraire: l’ancien entraîneur de Chambéry lui a promis qu’il aurait sa chance dans les buts malgré l’arrivée de l’Espagnol Sierra (ex-Valladolid), et il a tenu parole: Annonay a joué 38 minutes face à Cesson lors de la première journée de championnat (35-23). «C’est ma huitième saison ici relativise le portier parisien. Chaque année, un challenge m’a été proposé et je m’attendais à ce qu’une recrue de ce niveau débarque. Entre nous, c’est une concurrence saine.»

 «On verra si je suis encore là»

Les deux anciens se rejoignent d’ailleurs sur ce point: ils ont été «bluffés» par l’humilité des nouvelles stars parisiennes. «Ce sont tous des mecs bien avance Annonay. Ils n’ont pas envie de mettre dehors ceux qui sont là depuis longtemps.» Diaw confirme: «Ils se sont mis au service du groupe De là à s’imaginer remporter la Ligue des champions sous le maillot parisien dans les deux-trois ans à venir, l’objectif affiché des dirigeants, il y a un pas qu’ils ne franchiront pas. «C’est un rêve un peu lointain, on verra si je suis encore là», élude en souriant Annonay. Promis en tout cas, s’ils sont laissés sur le bord de la route d’ici là, ils n’en voudront à personne. «C’est le monde cruel du sport conclut Diaw. Et ça ne m’enlèvera pas la fierté d’avoir contribué à la réussite du Paris handball