Mikkel Hansen avec le Danemark lors des JO de Londres
Mikkel Hansen avec le Danemark lors des JO de Londres - Matthias Schrader/AP/SIPA

Julien Laloye et David Phelippeau

Quatre-vingt-cinq internationaux et presque la totalité des champions olympiques français, en attendant les arrivées d’Omeyer et de Narcisse l’an prochain. Rehaussé par l’arrivée aux affaires des Qataris dans le capital du PSG Handball et son budget mastoc (9,2 millions d’euros), le championnat de France présente un plateau à faire pâlir la concurrence avant le début des hostilités jeudi soir.

L’Espagne au plus mal

Grâce à leur bonne santé financière, les clubs français attirent des pointures auparavant inaccessibles mais désormais aux abois dans leurs pays respectifs. Nantes profite ainsi à plein des difficultés économiques de la Liga Asobal (Espagne), qui a perdu en un an une cinquantaine de joueurs et réduit son train de vie presque de moitié. Cet été, Entrerrios et Maqueda, deux joueurs de l’équipe nationale, ont rejoint Valero Rivera et Borja Fernandez. «En Espagne, il y a une telle crise que c’est impossible de rester là-bas, commente Rivera. Déjà, quand je suis parti, il y avait des soucis. Mais ce n’était pas à ce point-là!» Les retards de paiement sont monnaie courante: l’international Jorge Maqueda attend toujours «cinq mois de salaire» de la part de son ancien club, Saragosse.

L’Allemagne pas beaucoup mieux

Le sélectionneur espagnol, Valero Rivera, qui n’est autre que le père de l’ailier nantais, prédit un exode encore massif des Espagnols à l’étranger. «Dans les prochaines années, il y en aura encore d’autres. La situation est très compliquée mais elle l’est dans d’autres sports.» Et dans d’autres pays. Mikkel Hansen, le meilleur joueur mondial de l’année 2011, s’est retrouvé dans l’orbite du Paris Handball après la faillite soudaine de Jesper Nielsen, le mécène de Copenhague… et du club allemand des Rhein-Neckar Löwen, présents au Final Four de la Ligue des champions en 2011 et obligé de reconstruire avec des jeunes pour survivre. Hambourg n’en est pas là, mais cet autre géant de Bundesliga a dû se résoudre à laisser filer les frères Gille à Chambéry, en plus de réduire les salaires de ses cadres de 20%.

Philippe Bernat-Salles, le président de la LNH, s’en cachait à peine lors du Trophée des champions le week-end dernier: «On a l'objectif, dans trois ou quatre ans, de devenir le premier championnat mondial. C’est raisonnable vu tout ce qui se passe en ce moment dans le handball professionnel.» Une ambition encore utopique il y a quelques mois.