Devenir propriétaire d’un appartement à Paris: la tâche est déjà difficile, mais elle devient quasi-impossible quand il s’agit d’un premier achat. Pour acquérir un bien dans la capitale, mieux vaut déjà avoir un logement, à vendre si besoin. Voilà les conclusions d’une étude sur l’immobilier en Ile-de-France, conduite par l’université Paris-Dauphine. Elle témoigne d’une situation intenable pour les primo-accédants, alors que les prix sont repartis à la hausse depuis un an, presque partout en France ( 8,5% en moyenne).
Une ville inaccessible pour 84% des locataires
A Paris, le prix du mètre carré a flambé de 15% en douze mois. Il devrait encore augmenter de 10% en 2010. Déjà, au dernier trimestre 2009, moins d’un ménage francilien sur trois (32,4%) avait la capacité d’y acheter un logement correspondant à ses besoins. Mais seuls 16% des locataires d’Ile-de-France ont les moyens d’acheter à Paris. Les propriétaires d’un premier logement ont, eux, un peu plus de chance: 54% d’entre eux peuvent s’installer dans Paris intra-muros.
Pour les familles monoparentales et les couples avec enfants, la capitale est inaccessible: moins de 19% de ces foyers franciliens peuvent investir à Paris. Les couples sans enfants (59,5%) et les célibataires (38,25%) auront moins de mal à s’y loger. Comme dans toutes les grandes villes de France, les familles parisiennes quittent progressivement la ville pour sa périphérie. Dans la région, seules quelques destinations (Meaux, en Seine-et-Marne, ou plusieurs communes de Seine-St-Denis) demeurent assez abordables.
Après un an de baisse en 2008-2009, la crise de l’immobilier n’est plus qu’un souvenir. Dopé par des crédits à taux historiquement faibles, le secteur s’est à nouveau emballé. Les prix se rapprochent à nouveau de leurs sommets d’avant lacrise des subprimes. Et les professionnels craignent une nouvelle contraction des ventes, surtout en cas de hausse des taux d’intérêt.