La police scientifique a retrouvé une fillette de 4 ans, sauve, dans la nuit du 5 au 6 septembre près de Chevaline, sur les hauteurs du Lac d'Annecy.
La police scientifique a retrouvé une fillette de 4 ans, sauve, dans la nuit du 5 au 6 septembre près de Chevaline, sur les hauteurs du Lac d'Annecy. - C.VILLEMAIN / 20 MINUTES

Propos recueillis par Corentin Chauvel

La découverte tardive mercredi soir de la fillette survivante de la tuerie en Haute-Savoie en raison du gel de la scène de crime a surpris et suscité toutes les interrogations. Pour le policier scientifique Gérald Bedino, secrétaire national du Snipat contacté par 20 Minutes, aucun dysfonctionnement n’a pourtant été commis.

Comment procède-t-on lorsque l’on arrive sur une telle scène de crime?

Les premiers arrivants, ce sont les policiers actifs. La politique, c’est de geler la scène de crime s’il n’y a plus aucun danger possible afin de ne pas la polluer. Les policiers sont formés pour cela ainsi que pour constater si les victimes sont décédées. C’est ensuite que l’on fait appel à la police ou à la gendarmerie scientifique selon le ressort géographique. C’est le procureur qui décide cela. La progression de l’intervention des policiers scientifiques se fait lentement, pour recueillir le plus d’éléments, c’est pour cela que la fillette n’a pas été découverte avant.

Les gendarmes n’auraient-ils pas pu remarquer sa présence avant l’arrivée des scientifiques?

Leur priorité est de secourir les victimes, quitte à polluer les scènes de crime, mais en général, ils voient si elles sont décédées ou pas, ils sont formés pour cela et c’était le cas ici. De plus, la fillette était bien cachée et la position des personnes est importante, notamment pour retracer la trajectoire des tirs. C’est pour cela qu’ils ne les ont pas bougées. Je suis certain que les collègues ont fait tout ce qu’il y avait à faire.

Pourquoi avoir fait appel à des gendarmes scientifiques venus d’Ile-de-France plutôt que des locaux?

En fonction de la complexité du cas ou de l’aspect médiatique, on fait appel aux services centraux parce qu’ils ont notamment plus d’équipement. Certes, les directeurs d’enquête auraient pu faire appel aux services centraux de la police scientifique, situées près de Lyon. Cependant, quoi qu'il arrive, gendarmes et policiers scientifiques ont les mêmes compétences.

Le gel d’une scène de crime peut-il justement entraîner la perte d’éléments importants?

Non, là c’est un cas exceptionnel qui, de plus, n’a pas été négatif puisque la fillette a été retrouvée vivante. Il faut au maximum préserver les éléments, leur place est importante et on récupère tout ce qu’il est possible de récupérer jusqu’au moindre cheveu. La procédure est très bien établie, on reste autant de temps qu’il faut.

La localisation de cette scène de crime, en pleine nature, complique-t-elle l’enquête des policiers scientifiques?

Oui, c’est plus compliqué, parce que pleins d’éléments concourent à une dégradation des preuves et la scène de crime va d’autant plus s’élargir et son analyse prendre du temps tant qu’on trouve des informations sur place. Mais les policiers actifs nous aident en remontant le fil des événements, en interrogeant des témoins, etc. Cela ouvre certaines portes et en ferme d’autres. Il se peut aussi que l’on revienne au même endroit ou intervienne à d’autres tant que le directeur d’enquête nous le demande.