A quoi sert encore la Fête de l'Huma aujourd'hui?

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Publié le 5 septembre 2012.

DECRYPTAGE - Prévu du 14 au 16 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le grand rendez-vous communiste a nettement perdu de son influence politique...

Que vont chercher les centaines de milliers de participants qui se rendent à la Fête de l’Huma chaque année? Alors que la 82e édition s’annonce la semaine prochaine au parc départemental de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), son côté festif semble avoir pris définitivement le pas sur le politique.

Autrefois rendez-vous annuel de tous les militants communistes du pays qui pouvaient autant profiter des animations que des discours importants et des réunions collectives, la fête de l’Huma en est presque réduite aujourd’hui, pour une bonne partie des participants, à un festival musical de plus en Ile-de-France. 

«La Fête de l’Huma beaucoup perdu de sa fonction politique»

«La Fête de l’Huma beaucoup perdu de sa fonction politique et ça reste un événement festif pourvu qu’il fasse beau», indique à 20 Minutes Stéphane Courtois, historien du communisme et directeur de recherche au CNRS. «C’est moins une fête militante, mais il y aura toujours une participation politique, un attachement aux formations de gauche», veut tout de même croire l’écrivain communiste Valère Staraselski, auteur de La Fête de l’Humanité: 80 ans de solidarité (Cherche-Midi, 2010).

En cause, l’affaiblissement continu du Parti communiste (PCF), ajouté au récent «phagocytage» de l’extrême gauche par Jean-Luc Mélenchon, selon Stéphane Courtois. S’il reste un petit noyau dur d’orthodoxes ainsi que des représentants du communisme international qui continuent de rallier la Fête de l’Huma, les têtes d’affiche musicales font beaucoup pour l’affluence, qui se situe autour de 600.000 personnes ces dernières années.

Heureusement, celles-ci ne s’en désintéressent guère. «Pour les artistes, se produire à la Fête de l’Huma, c’est un bonheur fou», indique Valère Staraselski. Les hommes politiques n’hésitent pas à toujours s’y montrer aussi, surtout ceux de gauche, mais Stéphane Courtois se demande qui s’y rendra cette année en dehors de Jean-Luc Mélenchon qui devrait crisper encore un peu plus les tensions qui règnent au sein même du PCF.

La Fête de l’Huma, «c’est comme la Tour Eiffel et les vendanges»

«Il y a un certain découragement, un certain désarroi», reconnaît Valère Staraselski, ce qui ne devrait donc pas arranger le message politique que veut faire passer la Fête de l’Huma. Mais les premiers atermoiements du gouvernement représentent une chance pour l’extrême gauche, selon Stéphane Courtois: «Il y a une ouverture, les communistes ont beaucoup à dire et cela peut devenir un événement politique, le seul avant l’année prochaine car il n’y a pas d’élection, si Mélenchon et Laurent lancent des discours de rupture avec le gouvernement.»

«Il y a eu des années très particulières en fonction de la situation politique, comme en 1981, après la victoire de la gauche, cela devrait être la même chose cette année», souligne Valère Staraselski. Pour ce dernier, qui présentera sur place son dernier ouvrage (Face aux nouveaux maîtres, L’Harmattan, 2012), ce qui compte, c’est qu’aujourd’hui la Fête de l’Huma tient et tiendra toujours sa place d’événement politique et culturel incontournable car «elle appartient au patrimoine national»: «C’est comme la Tour Eiffel et les vendanges, mais c’est surtout un rendez-vous républicain et de solidarité. Dans l’esprit, il y a toujours cette dimension-là.»

Corentin Chauvel
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