Marseille: Le gouvernement planche sur un plan global

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Publié le 5 septembre 2012.

SECURITE - Le gouvernement veut enrayer la spirale des règlements de comptes dans la citée phocéenne...

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, réunira ce jeudi douze ministres pour tenter d'élaborer un programme d'action destiné à enrayer la violence endémique qui règne à Marseille, secouée par des règlements de comptes sanglants.
Le gouvernement n'entend pas aborder le sujet sur le seul angle de la sécurité mais prendre en compte tous les paramètres, de la prévention au traitement social ou au logement.

Jean-Marc Ayrault a assuré la semaine dernière que cette réunion était le fruit d'un travail engagé depuis le mois de juillet, mais les récents règlement de comptes - 20 morts depuis le début de l'année dans la région - l'ont sans doute décidé à accélérer le tempo. Il a invoqué la nécessité de «montrer la détermination du gouvernement à ne pas laisser les choses dériver» dans cette ville mais les élus locaux voudraient des mesures concrètes.

Dans le quotidien Metro, la ministre déléguée à la Précarité, Marie-Arlette Carlotti, explique qu'il s'agit pour le moment de faire un «état des lieux». Ce comité «n'est pas un plan Marshall pour Marseille. Il n'y aura pas d'effets d'annonces intempestives, mais des dispositions seront prises et il y aura un suivi continu de la ville», a ajouté cette élue de la cité phocéenne.

Guerres de bandes

Les ministres de l'Intérieur, de droite comme de gauche, ont multiplié les visites à Marseille depuis trois ans, sur fond de flambée de la criminalité dans les quartiers Nord où se trouvent les cités et de polémique sur les réponses à y apporter.
L'exécutif a opposé une fin de non recevoir à la suggestion de sénatrice-maire PS des 15e et 16e arrondissements de la ville, Samia Ghali, qui voulait faire intervenir l'armée.

Manuel Valls a accusé pour sa part de démagogie le maire UMP Jean-Claude Gaudin, qui demandait que toute la ville soit classée en ZSP, ces zones de sécurité prioritaire annoncées au coeur de l'été par le ministre de l'Intérieur.
Le syndicat Unité SGP police, première organisation pour la police en tenue, insiste sur le fait que Marseille «n'est pas une zone de non-droit ni un Fort Chabrol permanent» comme tentent de le laisser croire les gesticulations politiques.
Dans une analyse publiée avant la réunion de jeudi, il souligne que la montée de la violence dans la cité phocéenne est surtout liée au trafic de stupéfiants.

«Otages de la criminalité»

«Les règlements de compte sont essentiellement liés aux guerres de bandes qui se disputent le leadership du marché. On peut mesurer l'erreur d'avoir délaissé des quartiers entiers, désormais otages de la criminalité», écrit-il.
Selon le syndicat, barricader les cités au nord de Marseille serait une erreur car les trafics se déplaceraient, et il faut au contraire ouvrir ces sites aux services publics et rétablir le lien entre la police et la population.
Concernant la délinquance globale, Unité SGP police rappelle que les atteintes aux personnes ont progressé de 6,60 % en 2011 dans les Bouches-du-Rhône, et de 5,22 % sur Marseille. Mais que les sept premiers mois de l'année 2012 affichent un recul de 1,75 % sur le département et 2,22 % sur Marseille.

Le syndicat soulève également la question des effectifs, affirmant que les renforts promis par le précédent gouvernement n'ont pas eu de traduction concrète. Les policiers actifs seraient passés en mai dernier de 3.643 agents à 3.610 agents, soit un déficit de 33 policiers essentiellement constaté sur Marseille, dit-il. Selon lui, l'Etat ne montrera vraiment sa détermination que si 300 policiers supplémentaires sont affectés dans le département, dont 100 uniquement dédiés aux quartiers placés en ZSP.

Reuters
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