Tout comprendre sur la question sécuritaire à Marseille

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Publié le 29 janvier 2014.

SECURITE - Après le 19e règlement de comptes en huit mois dans la ville, la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, qui a réclamé l'intervention de l'armée, a remis la problématique sur le devant de la scène...

Marseille «n'est pas à feu et à sang, c'est plutôt une ville paisible». Même si Alain Gardère, préfet délégué pour la défense et la sécurité dans la préfecture des Bouches-du-Rhône, a tenu à rassurer son monde ce vendredi matin sur Europe 1, la classe politique est sur le pied de guerre pour trouver une solution à la vague de règlements de comptes qui touche Marseille depuis plus d’un an. 20 Minutes fait le point. 

Comment en est-on arrivé là?

Deux nouvelles fusillades ont fait deux morts en moins d'une semaine à Marseille, dont la deuxième a eu lieu mercredi, portant à 19 le nombre de règlements de comptes enregistrés depuis le début de l'année dans les Bouches-du-Rhône. En 2011, une vingtaine d’affaires, liés pour la plupart au trafic de drogue, ont été recensés dans le département, faisant 16 morts dont 15 à Marseille.

Pourquoi une telle vague de violence à Marseille?

C’est le très juteux trafic de drogue qui veut ça, ainsi que la géographie de la ville. Elle est «un carrefour entre l'Italie, où quatre mafias opèrent, et l'Espagne, qui est un trait d'union avec le Maroc et l'Amérique latine. Les drogues entrent dans la péninsule ibérique et remontent par camion pour être distribuées dans la ville», a expliqué à 20 Minutes Fabrice Rizzoli, spécialiste de la criminalité organisée et des mafias. L’usage des armes de guerre, comme la kalachnikov, est expliquée par le «signal de puissance» que veulent faire passer les criminels.

Pourquoi la problématique a-t-elle soudainement enflé?

Un an après le maire de Sevran (Seine-Saint-Denis) pour sa ville, Samia Ghali, sénatrice PS et maire des 15 et 16e arrondissements, qui recouvrent des quartiers sensibles du nord de Marseille, a jeté le pavé dans la mare dans un entretien jeudi à La Provence, appelant à son tour à une intervention de l’armée. L'élue juge que seul un recours à l'armée peut ramener le calme dans les cités «gangrenées par la drogue», s’adjugeant notamment le soutien de ses homologues d’autres arrondissements de la ville, Patrick Mennucci (PS) et Bruno Gilles (UMP).

Quelle est la réponse du gouvernement?

L’armée, c’est non. «Il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes», a répondu jeudi Manuels Valls à Samia Ghali. «L'armée n'a pas sa place pour contrôler des quartiers de notre République», a renchéri François Hollande.

Pourquoi le recours à l’armée n’est-il pas envisageable?

Parce que les opérations de maintien de l’ordre ne rentrent pas dans ses attributions. «Il n'y a pas d'ennemi intérieur et pour s'attaquer au trafic de drogue, au banditisme, a ces règlements de comptes, au trafic d'armes, il faut une action en profondeur de la police et de la justice car les deux vont de pair», a expliqué Manuel Valls. Si la solution de l’armée a déjà été utilisée aux Etats-Unis (émeutes de 1992 à Los Angeles) ou l’est encore régulièrement au Brésil (favelas de Rio de Janeiro), la dernière fois qu’elle est intervenue en France, c’était lors de la guerre d’Algérie. Cependant, ses ressources technologiques pourraient très bien être utilisées et une réflexion sur le sujet est menée, indique ce vendredi «un bon connaisseur des armées», à Libération.

Quelles sont les solutions immédiates pour régler le problème?

Même si, pour Alain Gardère, «le nombre de policiers à Marseille est suffisant», des renforts sont prévus très prochainement pour la ville dont la sécurisation est une priorité du gouvernement. Les travaux interministériels sur un «programme d'action pour l'agglomération marseillaise» ont d’ailleurs débuté depuis l'annonce début août par Manuel Valls des quinze premières zones de sécurité prioritaires. Ces zones, parmi lesquelles les quartiers nord de Marseille, feront l'objet d'une action de sécurité renforcée pour y combattre la délinquance et y protéger la population. Un nouveau comité interministériel aura lieu à Matignon jeudi prochain.

Corentin Chauvel avec W.M. et Reuters
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