Roland-Garros 2013: Simon-Federer (1-6, 6-4, 6-2, 2-6, 3-6) à revivre en live comme-à-la-maison

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Publié le 29 août 2012.

ÉCLAIRAGE - Une revue spécialisée vient de publier une nouvelle thèse expliquant l'explosion survenue à Toulouse le 21 septembre 2001...

A un mois de la décision de la Cour d’appel de Toulouse sur le second procès AZF, la contre-expertise publiée par la revue Préventique et le quotidien Sud Ouest remet en cause la thèse officielle de l’accident industriel. La nouvelle théorie, accueillie avec scepticisme, peut-elle influer la décision de justice? 20 Minutes fait le point.

Que dit la «contre-expertise» de Préventique?

Le rapport d’experts publié par la revue spécialisée Préventique décrit une catastrophe en cinq étapes provoquée par une suite d'explosions, notamment à la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), séparée du site d'AZF par un bras de la Garonne. «Des poussières polluantes» provenant d'une tour d'AZF auraient d'abord provoqué des courts-circuits sur une ligne à haute tension longeant AZF et la SNPE, qui produit notamment l'ergol (carburant) pour la fusée Ariane. Un arc électrique aurait alors fait exploser des vapeurs provenant d'une «fuite de 10 tonnes d'ergol» à la SNPE. Un séisme aurait réveillé sous le hangar 221 d'AZF une bombe oubliée depuis la guerre qui, située sous le fameux tas de nitrate d’ammonium hautement explosif, aurait causé la catastrophe.

Comment a été accueillie cette thèse?

Cette contre-expertise s’appuie fortement sur certains éléments (témoignages, soupçon d’un attentat terroriste, mise en cause de la SNPE voisine protégée par le secret-défense…) déjà connus mais écartés lors de l’instruction. En présentant comme une certitude la thèse de la présence d’une ou deux bombes datant de la Seconde guerre mondiale dans le souterrain d’AZF, elle perd en crédibilité, l’existence de ces bombes ayant été scientifiquement écartée. Le reste du dossier de Préventique est qualifié tour à tour par des acteurs du procès de «totalement farfelu», d’«affabulations de quelqu'un qui ne connaît pas le dossier» et de «juxtaposition de thèses hachées menues lors du procès».

N’y a-t-il personne pour la prendre au sérieux?

Même la défense (Grande Paroisse, filiale de Total) l’accueille sans enthousiasme. Daniel Soulez Larivière, avocat de la défense, ne compte pas s'en servir et parle avec prudence d'une «spéculation compliquée mais intelligente». Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a timidement réagi sur RTL: «Nous n'avons aucune preuve, donc soyons prudents». Il n’y a bien que Jacques Mignard, ancien salarié d’AZF et délégué syndical CGT, à qualifier cette hypothèse de «possible» auprès du Figaro, dans le but avoué de plaider pour une réouverture de l’enquête.

Pourquoi sort-elle maintenant?

A tort ou à raison, plusieurs observateurs ont souligné que les révélations de cette contre-expertise paraissent moins d’un mois avant l’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse sur l’affaire AZF. «C’est l’éternelle tactique de la diversion, de l’enfumage» a dénoncé auprès du site Toulouse7.com l’avocat de la ville de Toulouse, qui rappelle que Total «anticipe une condamnation». Préventique, qui reprend certaines thèses de la défense, souhaiterait-il arranger les affaires de Grande Paroisse et Total? Le groupe s’en défend, écartant notamment les critiques concernant le fait que Préventique fait état sur son site internet d'un partenariat noué avec le groupe Total sur le site de Lacq (Pyrénées-Atlantique). Ce qui n’empêche pas la Dépêche du Midi, très au fait du dossier AZF, de conclure ainsi son article consacré à la nouvelle thèse de Préventique: «A un mois du délibéré, voilà une étude destinée encore à semer le doute. Et quel que soit l'arrêt rendu le mois prochain, fantasmes et hypothèses auront toujours la peau dure.»

Qu’est-ce que ça va changer?

Au vu du scepticisme général accueillant la thèse de Préventique, on peut douter que la Cour d’appel de Toulouse la prenne en compte au moment de rendre son arrêt. Mais comme le souligne l'avocat de Grande Paroisse, ce scénario montre «que plus personne ne croit à l'hypothèse judiciaire officielle». «À partir du moment où l'explication officielle ne tient plus, cela donne libre cours à la constitution d'hypothèses», a-t-il indiqué à Reuters. Son propos peut paraître alambiqué, mais il est vrai que lors du premier procès AZF, la thèse officielle de l’incident chimique, jugée trop fragile par manque de preuves, avait donné lieu à une relaxe. S’il est encore possible de produire un rapport de 22 pages un tant soit peu crédible faisant état d’une théorie opposée à l’incident chimique, la possibilité d’une nouvelle relaxe par manque de preuves le 24 septembre prochain doit être, plus que jamais, envisagée.

Nicolas Bégasse avec agences
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