Guide touristique: «J'ai guidé David Eisenhower sur les plages du débarquement»

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Publié le 28 août 2012.

LOISIR - Pendant l'été, «20 Minutes» part à la rencontre de gens qui font un métier qui sent bon les vacances...

Plus de vingt ans qu’elle guide. Et à 48 ans, Sophie Monbeig n’a toujours pas fait le tour de son métier. Loin de là. Ce matin d’été, elle attend un groupe d’étudiants américains, pour une visite du quartier de Montmartre, à Paris. «Ça fait 22 ans que je fais ce travail, en indépendant. Nous sommes tous nos employés. On travaille à la prestation», détaille-t-elle.

En période estivale, le téléphone reste donc toujours allumé. Pas question de rater un client. «Des tours opérateurs comme des clients privés peuvent m’appeler», explique la guide. Pour la contacter, il suffit de chercher sur le site de la Fédération nationale des guides internationaux et conférenciers, dont elle est la vice-présidente. Ensuite, elle pourra décider de proposer une visite, ou un musée, en fonction des clients. Et si ces derniers sont satisfaits de la prestation, c’est le bouche à oreille qui fera le reste. «Mais quand on débute, c’est très dur», reconnaît-elle.

Onze ans sans vacances

D’abord passée par un BTS informatique, le temps de comprendre qu’elle n’est pas faite pour travailler derrière un bureau, elle met ensuite le cap sur la Floride. Là, elle travaille pendant un an chez Mickey, avant de revenir en France pour s’orienter vers un nouveau BTS, tourisme cette fois.

Après ce cursus -et grâce à son expérience- elle assure désormais des visites à travers toutes la France et parfois en Europe, pour des tarifs allant de 70 à 110 euros. Elle estime ainsi gagner dans les 2.000 euros net par mois, en comptant les mois de creux. «De mars à octobre, c’est la pleine saison et en hiver, on fait plus du repérage, à nos frais», détaille Sophie Monbeig, qui  raconte avoir passé «onze ans sans prendre de vacances».

Sur les plages du débarquement

Disponibilité et curiosité sont en effet  indispensables dans ce métier, qui implique de se perfectionner continuellement. D’après elle, «il ne faut jamais dire à un client que l’on ne sait pas. Il faut tout savoir sur tout». Même quand, à la base, on n’y connaît rien. «Il faut donc avoir soif d’apprendre. Guider, ce n’est pas aussi simple que de mettre une disquette dans l’ordinateur», sourit-elle.

Sa dernière grosse angoisse, c’était sur les plages du débarquement, en Normandie. Contactée par une agence américaine, elle se retrouve devant 250 Américains, parmi lesquels le petit fils du général en chef des opérations du D-Day. «J’ai guidé David Eisenhower sur les plages du débarquement, c’était affreux», se souvient-elle, mais «terriblement porteur. Ce genre de pression tire vers le haut».

Vie privée est difficilement conciliable

La visite qu’elle s’apprête à conduire ce matin sera moins stressante. Face à la Basilique du Sacré Cœur, elle attend son groupe dans un coin qu’elle connaît comme sa poche. Aussi parce qu’elle a vécu non loin, en couple. «Ça aura tenu quinze ans», glisse-t-elle. Elle n’en dira pas beaucoup plus. «La vie privée est difficilement conciliable avec ce genre de boulot».

Avant de s’élancer, elle sort un petit carnet de son sac. A l’intérieur, sont compilés petits secrets, grandes histoire et anecdotes du quartier. Des annotations de différentes couleurs y ont été ajoutées au fil des années. «C’est comme un puzzle. Quand on commence, on n’a qu’une seule pièce. Et puis, on ajoute des choses à mesure que l’on apprend».

Juste avant le début de la visite, le carnet retournera dans le sac de Valérie Monbeige. Elle a déjà tout en tête.

Mathieu Gruel
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