Dans une école primaire.
Dans une école primaire. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Delphine Bancaud

 La scolarité gratuite? Un leurre selon la Confédération syndicale des familles (CSF), qui a publié ce mardi son étude annuelle sur son coût. Celle-ci prend en compte les dépenses de la rentrée, mais aussi celles réalisées tout au long de l'année. Selon cette dernière, le coût de la scolarité a augmenté en moyenne de 6,88% cette année par rapport à 2011. Une hausse globale qui repose à la fois sur les achats de fournitures scolaires, mais aussi sur le coût des livres, des équipements spécifiques pour certaines filières et des frais annexes (assurances, photos…). «Nous constatons notamment une hausse des produits en plastique comme la colle (+30%), les taille-crayons (+15%), les protège-cahier, les règles…», précise Françoise Grün, responsable du secteur éducation à la CSF.

L’augmentation de la TVA sur les livres (passée à 7% cette année) a aussi un impact sur le prix des manuels scolaires qui grimpe de 3,44% par rapport à 2011. «Or, si dans de nombreuses régions les manuels sont prêtés aux élèves, dans d’autres ils sont en partie à charge des familles», indique Françoise Grün. Autre constat: les frais annexes sont en progression de 22%.

Et même si la CSF se félicite de l’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, l’association souligne qu’«elle ne parvient pas à couvrir réellement les frais engagés par les familles, notamment pour les lycéens».

Les filières professionnelles les plus touchées

Les élèves les plus touchés par cette hausse du coût de la scolarité sont ceux des filières professionnelles techniques et industrielles. «Leurs dépenses se sont accrues du fait d’un outillage spécifique (lunettes de protection, boite à outils…)», remarque Françoise Grün.

La CSF déplore aussi encore cette année des listes de fournitures trop longues et surprenantes surtout pour les classes de primaire: «certaines écoles demandent six bâtons de colle en début d’année ou sept crayons à papier! Et certains professeurs de collège demandent une blouse blanche aux élèves, sans se préoccuper du fait que leur collègue en a déjà demandé une!», s’émeut  Françoise Grün. Des exigences auxquelles la plupart des parents se soumettent, par crainte que leurs enfants n’essuient des remarques.

 

 

Témoignage

Nicole, mère d’un garçon de 15 ans à Gagny :

«Depuis plusieurs années, la rentrée me semble de plus en plus chère. Mon fils passe en 1ere STIDD cette année et j’ai dû faire face à de nombreuses dépenses pour sa scolarité. Je ne travaille pas et mon mari est retraité. Nous touchons donc une allocation de rentrée scolaire (ARS) de 388 euros pour mon fils. Même si elle a été revalorisée cette année, elle ne couvre pas tous les frais de scolarité de mon garçon, qui s’élèvent à 718 euros par an, sans compter les vêtements. L’ARS  suffit juste à payer la moitié des frais. Pour le reste, je veille à la dépense. Je compare le prix des fournitures et je choisis les articles en fonction de leur solidité, afin de ne pas avoir à les racheter en cours d’année. Et je profite des promotions de rentrée pour faire le plein, car au cours de l’année, on ne retrouve pas les mêmes prix».