Plus de 500 pompiers luttaient dimanche contre un incendie qui, alimenté par un fort mistral, a déjà ravagé 400 hectares de végétation autour d'Orgon (Bouches-du-Rhône), nécessitant l'évacuation d'un camping ainsi que la protection de maisons.
Plus de 500 pompiers luttaient dimanche contre un incendie qui, alimenté par un fort mistral, a déjà ravagé 400 hectares de végétation autour d'Orgon (Bouches-du-Rhône), nécessitant l'évacuation d'un camping ainsi que la protection de maisons. - Franck Pennant afp.com

M.Gr. avec AFP

Les Bouches-du-Rhône ont subi dimanche le plus gros incendie qu'ait connu le sud-est de la France au cours de l'été. L'important incendie qui ravageait dimanche les environs d'Orgon (Bouches-du-Rhône) était maîtrisé ce lundi matin mais restait sous la surveillance de 700 pompiers, après avoir parcouru plus de 900 hectares de végétation, a indiqué la préfecture de région. A noter par ailleurs qu'une personne était en garde à vue, ce lundi matin, dans le cadre de l'enquête sur cet incendie.

«A 17h30, la progression du feu d'Orgon, qui a démarré ce matin vers 2h30, a été stoppée dans l'axe du vent», a annoncé le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) dans un communiqué. Le Sdis et la préfecture ont toutefois souligné que les pompiers continuaient dimanche soir à lutter contre le feu sur son flanc ouest, sous des lignes à haute-tension. La surveillance des zones sensibles devait se poursuivre tout au long de la nuit, avec un dispositif passant progressivement de 900 à 500 pompiers.

Foyers encore actifs

«L'incendie est sous la maîtrise mais encore actif», a déclaré à l'AFP le préfet de région Hugues Parant, précisant qu'il avait «parcouru 900 à 1.000 hectares, mais pas tout brûlé», à proximité de la commune d'Orgon. Environ 50% des surfaces brûlées sont constituées de zones forestières, 50% de terres agricoles.

Lundi matin, des foyers restaient actifs, souvent dans des fossés, dans une zone où sont cultivées des plantes fourragères. Le village d'Eyguières n'était pas menacé mais la route départementale 569 restait coupée entre cette commune et Orgon.

Le feu, dont l'origine restait inconnue dimanche après-midi, a démarré dans la nuit vers 02h30 sur le sommet d'une crète, dans une zone de barres rocheuses située à la limite est des Alpilles. Aux alentours de 03h du matin, un camping voisin, accueillant 70 personnes, a été évacué de manière préventive, selon les pompiers. Les vacanciers, qui ont quitté les lieux sous une pluie de cendres, ont été pris en charge dans un foyer rural. Plus tard dans la journée, un haras et une dizaine de maisons ont dû être protégés par les pompiers, mais leurs habitants n'ont pas été évacués et aucun blessé n'est à déplorer. Vers 15h30, le haras, un temps menacé, se trouvait hors de la zone de propagation du feu.

Plus de 700 pompiers mobilisés

Un important panache de fumée noire au-dessus de la zone de l'incendie était visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde et des cendres étaient portées par le vent jusqu'au centre de Marseille. Le feu s'est propagé sur des terrains dépendant des communes d'Orgon, de Sénas et d'Eyguières. Après avoir brûlé des zones de garrigue et de pinède, il a atteint des terrains agricoles dimanche matin. «Nous avons eu affaire à des sautes de vent qui ont conduit à des départs de feu sur des terrains agricoles», a déclaré Gilles Barsacq, secrétaire général pour les affaires régionales auprès de la préfecture de Provence-Alpes-Côte d'Azur, présent sur place.

Gilles Barsacq a indiqué que les pompiers travaillaient dimanche après-midi à barrer le chemin de l'incendie vers le sud, où se trouve une zone boisée puis la commune de Lamanon, et vers l'ouest, où le massif forestier du parc des Alpilles pourrait être menacé. Il a fait part d'une «énorme mobilisation de moyens» pour tenter de maîtriser l'incendie.

Plus de 700 sapeurs-pompiers et d'importants moyens aériens -sept Canadair, deux Tracker, un avion Dash et deux hélicoptères bombardiers d'eau- étaient engagés dans la lutte contre le feu. Trois colonnes de pompiers de l'Hérault, de la Drôme et des Alpes-Maritimes, soit 240 hommes supplémentaires, ainsi qu'un groupe d'appui de l'unité spécialisée de Brignoles (Var) ont été appelés en renfort. «Nous avions anticipé de grandes difficultés pour cette journée, avec une végétation très desséchée et une montée du vent pendant la nuit», a insisté Gilles Barsacq.

Mistral à plus de 70 km/h

Le Service départemental d'incendie et de secours a pour sa part précisé que les rafales de mistral soufflaient à plus de 70 km/h dans cette zone, après plusieurs jours de très forte chaleur. A la mi-journée, la cause du départ de feu n'avait pas encore été identifiée. Une cellule pluridisciplinaire composée de gendarmes, d'agents de l'Office national des forêts et de pompiers menait des investigations.

Cet été, le sud-est de la France a été relativement épargné par les incendies, comparé au sud-ouest où plusieurs ont sévi récemment, un feu ayant notamment détruit plus de 650 hectares de forêt de pins à Lacanau (Gironde). Le 22 juillet, un feu avait brûlé 35 hectares près de Cavaillon (Vaucluse), à seulement quelques kilomètres d'Orgon. Dans la région, le dernier très gros incendie remonte à juillet 2010, lorsqu'un feu d'origine criminelle avait ravagé quelque 900 hectares de végétation autour de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône).