Sébastien Sihr: «Une rentrée difficile, malgré le plan d'urgence du gouvernement»

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Publié le 23 août 2012.

INTERVIEW - Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUIPP-FSU, principal syndicat des professeurs des écoles, prévoit une année encore tendue dans de nombreux établissements...

Lors de sa conférence de presse de rentrée ce jeudi, le principal syndicat du premier degré a fait part de ses inquiétudes pour cette année, même s’il souligne les effets positifs du plan d’urgence du gouvernement concernant l’éducation.

Cette rentrée sera-t-elle plus sereine que la précédente?

L’école a été dans l’œil du cyclone ces dernières années et les stigmates de cette situation sont encore présents. La rentrée se fera donc dans des conditions difficiles, malgré le plan d’urgence du gouvernement. Car le passif du non remplacement d’un enseignant partant en retraite sur deux est lourd. Selon nos calculs, 4.700 postes seront supprimés en 2012 dans le premier degré. alors que 5.300 élèves supplémentaires sont attendus. L’ancien gouvernement avait prévu d’en supprimer 5.700, mais 1.000 postes vont être recréés dès cette rentrée. Ceux-ci sont une amorce de changement,  mais cela ne suffira pas à compenser les besoins sur le terrain. On est dans l’aide d’urgence, mais il va falloir davantage de créations de postes dès 2013.

Votre enquête révélée ce jeudi détaille la répartition de ces 1.000 postes, qu’en est-il?

D’après nos sources, 62% de ces nouveaux postes vont permettre des ouvertures de classes (207 en maternelle et 350 en élémentaire), 17% vont être affectés à des remplacements, 12% à des créations de postes Rased (enseignants spécialisés dans l’accompagnement des élèves en difficultés) et 9% seront consacrés à l’accompagnement des élèves handicapés.

Pensez-vous que les classes seront encore surchargées?

Certaines le seront encore. A la rentrée dernière, six classes de maternelle sur dix comptaient plus de 25 élèves et 10% d’entre elles plus de 30 élèves. L’attention particulière qui doit être portée aux élèves en difficultés n’est pas possible dans ces conditions.

La rentrée des professeurs stagiaires se fera-t-elle dans les mêmes conditions que l’an dernier? 

Elle sera à géométrie variable, car les capacités d’accompagnement et de remplacement pour permettre aux professeurs stagiaires de se former, ne sont pas les mêmes d’un département à un autre. Dans certains départements, ils seront en binôme avec un confrère plus expérimenté jusqu’à la Toussaint, dans d’autres ils seront en classe trois jours par semaine et une journée en formation. Il y aura encore ici ou là des professeurs stagiaires seuls en responsabilité devant une classe, qui recevront la visite de maîtres-formateurs. On risque aussi d’avoir quelques enseignants non expérimentés en CP dans certains départements, malgré la promesse du ministre.

Que souhaitez-vous pour la rentrée 2013?

Il faut créer plus de postes en primaire et faire en sorte que des premières écoles soient dotées de plus de maîtres que de classes. Cela permettra de diversifier la prise en charge des élèves et de faire intervenir deux enseignants dans la même classe par exemple. Nous souhaitons aussi que le ministère publie le plus rapidement possible le nombre de postes de professeurs des écoles prévu pour 2013.

Propos recueillis par Delphine Bancaud
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