L'audience d'un des trois jeunes jugés vendredi par le tribunal correctionnel d'Amiens, dans le cadre des affrontements du début de semaine dans le quartier nord de la ville, a été renvoyée quelques minutes après le début du procès, qui se poursuivait pour les deux autres individus.
L'audience d'un des trois jeunes jugés vendredi par le tribunal correctionnel d'Amiens, dans le cadre des affrontements du début de semaine dans le quartier nord de la ville, a été renvoyée quelques minutes après le début du procès, qui se poursuivait pour les deux autres individus. - Philippe Huguen afp.com

avec AFP

Deux des trois jeunes jugés vendredi par le tribunal correctionnel d'Amiens ont été condamnés à 10 et 8 mois de prison avec sursis. Ils comparaissent dans le cadre des affrontements du début de semaine dans le quartier nord de la ville. Le procureur adjoint avait requis 12 mois de prison, dont 6 ferme, et leur placement sous mandat de dépôt.

Agés de 20 et 25 ans, ils ont admis en garde à vue avoir allumé cinq ou six feux la nuit des affrontements, qui avaient fait 17 blessés parmi les forces de l'ordre et des millions d'euros de dégâts, avec notamment trois bâtiments publics incendiés.

«Contexte médiatique» défavorable à la défense

L'audience du troisième prévenu a été renvoyée quelques minutes après le début du procès. Le jeune homme de 27 ans a été placé sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Liancourt (Oise) dans l'attente de sa nouvelle audience fixée au 12 septembre, conformément à la demande du procureur adjoint. «Il y a des mots qui peuvent avoir des conséquences plus graves que des actes», a déclaré ce dernier.

L'avocat du prévenu, accusé d'avoir appelé des jeunes à la violence dimanche soir et poursuivi pour «provocation directe à l'attroupement armé» et «rébellion suivie d'effets», a estimé qu'au vu du «contexte médiatique», son client ne pourrait pas avoir «une justice équitable aujourd'hui». Le jeune homme, déjà connu des services de police pour des vols de voiture, avait été identifié par un policier alors qu'il se présentait au commissariat mercredi soir dans le cadre de son contrôle judiciaire. Il nie les faits qui lui sont reprochés.

Le procès des trois hommes s'est ouvert dans le calme peu après 14h40, alors que quatre policiers armés filtraient les entrées et que seul un public restreint, composé essentiellement de journalistes, s'était présenté à l'audience.

Boucs-émissaires

Le procureur adjoint d'Amiens a précisé que les trois hommes ne faisaient pas partie des meneurs du mouvement, qui étaient toujours activement recherchés. Vendredi midi, les avocats des prévenus ont indiqué qu'ils refusaient que leurs clients soient considérés comme des boucs-émissaires, réclamant qu'ils soient jugés «uniquement pour ce qu'ils ont fait» et non en fonction du «contexte et de la pression médiatique».

Les deux autres personnes interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi par les forces de l'ordre, et dont le lien avec les émeutes apparaît «plus à la marge» selon le procureur adjoint, doivent être jugées ultérieurement.

Retour au calme

Le quartier d'Amiens-Nord semblait avoir retrouvé le calme vendredi matin, après une troisième nuit consécutive sans incident majeur. «Il n'y a rien eu à signaler cette nuit. Aucun incident majeur, aucun fait de violence urbaine n'a été à déplorer, et il n'y a eu aucune nouvelle interpellation en lien avec l'affaire», a déclaré la préfecture de la Somme.

Un effectif renforcé de 250 policiers reste toujours maintenu jusqu'à nouvel ordre dans le quartier d'Amiens-Nord. Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, doit se rendre en «début de semaine prochaine» à Amiens pour «évaluer la situation les acteurs locaux».